Deux députés du groupe Écologiste et Social ont demandé à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, de retirer les accréditations accordées à CNews au sein du Palais-Bourbon. Benjamin Lucas, député de Génération.s, et Léa Balage El Mariky, députée des Écologistes, ont adressé un courrier en ce sens mercredi. Leur démarche intervient après l’attentat présenté par Le Journal du dimanche comme raciste, commis à Trappes et ayant fait un mort ainsi que plusieurs blessés.
Les deux élus mettent en cause la place occupée par la chaîne d’information en continu dans le débat public. Dans leur courrier, ils estiment que CNews contribuerait à diffuser des thèmes et des expressions qu’ils associent au racisme. Benjamin Lucas a également relayé cette demande sur le réseau social X, en l’inscrivant dans un appel à « protéger » la démocratie contre ce qu’il décrit comme une diffusion de propos racistes.
« Protégeons la démocratie de ceux qui veulent la détruire en saturant l’espace médiatique de haine raciste »
Interrogé le même jour sur BFMTV, Benjamin Lucas a renouvelé ses critiques à l’égard de CNews. Il a notamment déclaré que la chaîne « diffame le maire de Trappes, sa ville et les habitants des quartiers populaires ». Le député de Génération.s a aussi affirmé que CNews ne serait pas, selon lui, un média comme les autres, mais un « objet politique » dont l’objectif serait de diffuser « le poison du racisme et de la division ».
Une demande adressée à la présidence de l’Assemblée
La démarche porte sur les accréditations parlementaires dont disposent les journalistes de CNews pour exercer leur activité à l’Assemblée nationale. Le courrier a été transmis à la présidente de l’institution, qui est directement compétente pour recevoir cette demande. Les éléments rapportés par Le Journal du dimanche ne précisent pas, à ce stade, la réponse de Yaël Braun-Pivet ni les suites données à la requête.
Cette initiative place ainsi la présidence de l’Assemblée face à une demande qui touche à la fois aux règles d’accès des médias au Parlement et au débat sur le pluralisme de la presse. Les députés à l’origine du courrier justifient leur position par le traitement médiatique qu’ils reprochent à CNews. Ils établissent un lien entre cette couverture et le climat politique intervenu après l’attentat de Trappes.
Des réactions du RN et de l’UDR
La proposition a suscité des réactions de députés situés à droite de l’hémicycle. Philippe Ballard, député du Rassemblement national, a reproché à Benjamin Lucas de vouloir distinguer les médias acceptables de ceux qui ne le seraient pas. Il a déclaré que le RN défendait le pluralisme, y compris lorsque certains médias dérangent, et a associé la demande des deux élus à une volonté de contrôle idéologique de la presse.
« Benjamin Lucas s’arroge le droit de discerner les “bons” des “mauvais” médias. C’est honteux. Le RN défend le pluralisme, même lorsqu’il dérange. »
Hanane Mansouri, députée de l’UDR, a elle aussi contesté la démarche. Elle a indiqué avoir saisi Yaël Braun-Pivet au sujet de l’exclusion de journalistes de CNews par des élus de gauche et a présenté la demande comme une question de censure. Ces prises de position montrent que la controverse oppose, au sein de l’Assemblée, les députés qui demandent une mesure contre l’accès de la chaîne au Parlement et ceux qui défendent le maintien de cette accréditation au nom du pluralisme.
- Benjamin Lucas et Léa Balage El Mariky ont écrit à Yaël Braun-Pivet.
- Ils demandent le retrait des accréditations de CNews à l’Assemblée nationale.
- Philippe Ballard et Hanane Mansouri contestent cette initiative au nom du pluralisme des médias.
À ce stade, l’enjeu immédiat reste donc la réponse de la présidente de l’Assemblée nationale à ce courrier. Le débat dépasse la seule présence de CNews dans l’institution : il porte sur les critères d’accès des médias au Parlement, sur la liberté de la presse et sur les limites que des élus souhaitent fixer à la diffusion de propos qu’ils jugent racistes. Les positions rapportées sont celles des parlementaires qui ont pris publiquement part à l’échange ; aucune décision de l’Assemblée concernant les accréditations n’est indiquée dans les éléments disponibles.