Deux ans de prison avec sursis ont été requis vendredi 30 octobre contre Jean-Vincent Placé, ancien secrétaire d’État et ancien sénateur écologiste. Il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits de harcèlement et d’agressions sexuelles dénoncés par deux femmes. Le jugement sera rendu le 10 décembre.
À l’audience, Jean-Vincent Placé a contesté avoir harcelé ou agressé sexuellement son ancienne collaboratrice. Il lui a toutefois adressé des excuses, évoquant des « excès » commis, selon lui, dix ans plus tôt. Il a également affirmé avoir changé. La procédure porte sur des faits qui se seraient déroulés alors qu’il exerçait des responsabilités politiques au Sénat puis au secrétariat d’État à la Réforme et à la Simplification.
Deux femmes entendues dans le dossier
La première plainte a été déposée en novembre 2021 par une ancienne collaboratrice. Celle-ci accuse Jean-Vincent Placé de plusieurs agressions sexuelles et de harcèlement sur plusieurs mois. Elle affirme notamment qu’il lui aurait touché la poitrine lors d’une soirée organisée à Séoul, en mai 2016. Les faits dénoncés auraient commencé alors qu’elle travaillait pour lui au Sénat et se seraient poursuivis pendant son passage au gouvernement.
Une seconde femme a déposé plainte en octobre 2023. Elle accuse à son tour l’ancien secrétaire d’État de lui avoir touché la poitrine et les cuisses, ainsi que d’avoir tenté de placer sa main entre ses jambes dans une voiture, en Corée du Sud, en mars 2017. Jean-Vincent Placé a déclaré ne pas se souvenir de cette seconde affaire, tout en reconnaissant devant le tribunal des comportements qu’il a lui-même qualifiés d’excessifs.
- 30 octobre 2026 : le parquet requiert deux ans de prison avec sursis ;
- 10 décembre 2026 : date annoncée pour la décision du tribunal correctionnel de Paris ;
- Deux plaignantes : les faits examinés concernent une ancienne collaboratrice et une autre femme.
Les réquisitions du ministère public
Le ministère public a évoqué plusieurs comportements rapportés au cours de l’audience : attouchements, remarques sexistes et humiliations. Il a notamment estimé que le fait de poser une main sur la cuisse ou les fesses ne pouvait pas être considéré comme acceptable au moment des faits. Le parquet a également décrit, dans ses réquisitions, une attitude de « propriétaire » envers l’ancienne employée de Jean-Vincent Placé.
« Mettre une main sur la cuisse ou les fesses » n’était « pas plus admissible » à l’époque des faits qu’aujourd’hui.
De son côté, l’ancien secrétaire d’État a reconnu avoir pu être « lourd », « insistant » et avoir adopté un comportement « inadéquat ». Il a cependant nié les agressions sexuelles reprochées. À propos d’une photographie montrée à l’audience, il a admis que la proximité visible pouvait être excessive et a déclaré qu’il ne reproduirait pas ce geste, en invoquant l’évolution de la société. Il a aussi présenté ses « excuses sincères » à son ancienne collaboratrice.
Une décision attendue le 10 décembre
Les réquisitions du parquet ne préjugent pas de la décision du tribunal. Les faits examinés demeurent contestés par le prévenu et aucune condamnation n’a été prononcée à ce stade. Le tribunal correctionnel de Paris doit désormais rendre son jugement le 10 décembre, après l’examen des accusations portées par les deux femmes et des explications données à l’audience par Jean-Vincent Placé.