Le gouvernement entend obtenir une baisse visible des prix du gazole après la mise à disposition d’une partie des stocks stratégiques de la France. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre de l’Énergie, a demandé jeudi à TotalEnergies de transmettre aux consommateurs l’effet de cette opération. Elle s’est exprimée au micro de BFMTV/RMC, alors que le groupe pétrolier venait d’annoncer un résultat net trimestriel présenté comme record.
« On demande à Total d’être exemplaire. On demande à Total de répercuter, encore une fois, à la baisse, l’avantage de la libération des barils, de poursuivre son plafonnement autant que nécessaire, tant que cette crise perdure », a déclaré Maud Bregeon.
Une baisse annoncée à partir du 1er novembre
La hausse des carburants est attribuée dans la dépêche aux tensions géopolitiques accrues. Pour y répondre, l’exécutif a choisi de puiser dans les réserves stratégiques françaises. Ces volumes avaient été acquis avant la guerre au Moyen-Orient au prix de 0,28 euro par litre, alors que le tarif du marché est évalué à environ 1,10 euro dans les éléments communiqués par Matignon.
Sébastien Lecornu avait indiqué à la mi-octobre que ce mécanisme devait produire ses premiers effets pour les automobilistes à compter du 1er novembre. La diminution attendue pour le gazole est estimée entre 12 et 18 centimes par litre. Le gouvernement demande désormais à l’entreprise de ne pas conserver à son niveau la totalité de l’avantage lié à ces stocks, mais de le faire apparaître dans les prix pratiqués.
- Dispositif public : utilisation de stocks stratégiques de gazole.
- Échéance annoncée : premiers effets attendus le 1er novembre.
- Baisse estimée : de 12 à 18 centimes par litre pour le gazole.
Le résultat de TotalEnergies relance le débat fiscal
La demande gouvernementale intervient après l’annonce par TotalEnergies d’un bénéfice net de 8,3 milliards de dollars au troisième trimestre, résultat que la dépêche relie à la progression des prix des hydrocarbures. Cette publication a suscité des réactions de plusieurs responsables politiques, qui proposent des réponses différentes sur la taxation des profits et l’encadrement des prix.
Marine Le Pen, cheffe de file des députés RN et candidate à l’élection présidentielle, a dénoncé sur X une « économie à deux vitesses ». Elle a estimé que les bénéfices des groupes pétroliers révélaient, selon ses termes, un « grave désordre économique et fiscal ». La responsable politique demande à la France de taxer les bénéfices supplémentaires qui découleraient des crises plutôt que de performances économiques propres aux entreprises.
Le Parti socialiste a également réagi sur X aux résultats publiés par TotalEnergies. Il propose de limiter les marges des entreprises de raffinage afin de réduire le prix payé à la pompe de 20 à 30 centimes par litre. Cette proposition s’inscrit dans une approche distincte de celle retenue par le gouvernement, qui mise dans l’immédiat sur la libération de volumes détenus par l’État et sur la répercussion de cet avantage par les distributeurs.
Une demande adressée à l’entreprise
La position de l’exécutif repose donc sur une baisse temporaire liée aux stocks disponibles, tandis que les propositions du RN et du Parti socialiste portent sur la fiscalité ou la régulation des marges. Le gouvernement n’a pas annoncé, dans les éléments rapportés, de nouvelle mesure fiscale visant les bénéfices de TotalEnergies. Il demande à l’entreprise de prolonger son plafonnement aussi longtemps que la situation l’exigera et d’intégrer la baisse attendue dans ses prix.
| Élément | Donnée communiquée |
|---|---|
| Bénéfice net de TotalEnergies au troisième trimestre | 8,3 milliards de dollars |
| Prix d’achat des stocks français | 0,28 euro par litre |
| Prix du marché indiqué | Environ 1,10 euro par litre |
| Baisse attendue du gazole | 12 à 18 centimes par litre |