Fitch Ratings maintient la note souveraine de la France à A+, mais modifie son appréciation de son évolution possible. La perspective associée à cette note passe de stable à négative. Cette décision traduit, pour l’agence de notation, une dégradation des conditions dans lesquelles le gouvernement doit tenter de stabiliser les comptes publics.
Une trajectoire de dette jugée plus difficile à infléchir
Dans son communiqué, Fitch met en avant plusieurs facteurs qui compliquent la réduction du déficit et la maîtrise de l’endettement. L’agence cite une activité économique moins dynamique, une détérioration supplémentaire de la situation budgétaire et une progression des rendements exigés par les investisseurs. Elle estime que ces éléments rendent plus difficile la mise en œuvre d’un effort durable de redressement des finances publiques.
« Une croissance plus faible, une nouvelle détérioration budgétaire et des rendements plus élevés ont accru la difficulté de mener la consolidation budgétaire soutenue nécessaire pour enrayer la trajectoire de dégradation de la dette de la France », explique Fitch.
L’agence mentionne également la fragmentation politique persistante et un contexte social difficile. Ces deux éléments sont présentés comme des obstacles supplémentaires à l’adoption puis à l’application de mesures budgétaires destinées à réduire le déficit. La décision intervient alors que le projet de budget pour 2027 est examiné au Parlement.
Le coût de l’emprunt atteint des niveaux élevés
La dégradation de la perspective intervient dans un contexte de hausse du coût de financement de l’État. Vendredi, le rendement de l’obligation française à dix ans a atteint 4,97 %, contre 4,91 % la veille. Ce taux avait déjà franchi le seuil de 5 % au cours de la semaine précédente. Fitch observe que la progression des rendements français a été plus marquée que celle enregistrée dans la plupart des pays comparables, ce qui traduit une sensibilité accrue à la confiance des marchés.
| Indicateur | Évolution mentionnée |
|---|---|
| Note souveraine | A+, inchangée |
| Perspective | De stable à négative |
| Rendement à dix ans | 4,97 %, contre 4,91 % la veille |
| Objectif de déficit pour 2027 | 5 % des ressources produites par l’économie |
Un avertissement qui intervient pendant l’examen du budget
Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a appelé à l’adoption avant la fin de l’année d’un « budget responsable » visant à ramener le déficit public à 5 %. La déclaration intervient après la publication d’un recul de 0,1 % du PIB au troisième trimestre. L’activité avait stagné au deuxième trimestre et s’était contractée au premier, selon les éléments rapportés dans cette actualité.
Cette faiblesse de la croissance réduit mécaniquement les marges disponibles pour améliorer les comptes publics : une activité moins dynamique limite les recettes tandis que les dépenses et le coût de la dette continuent de peser sur le budget. Fitch relie ainsi l’évolution de la note aux difficultés concrètes rencontrées par la France pour engager une consolidation budgétaire suffisamment durable.
La note A+ reste toutefois maintenue
Fitch ne retire pas à la France sa note A+. Lors de son évaluation précédente, réalisée fin août, l’agence avait conservé cette note et une perspective stable en soulignant la résilience de l’économie française. Depuis, elle constate une évolution moins favorable de la dynamique de la dette, sans considérer que les caractéristiques fondamentales de l’économie justifient encore une baisse immédiate de la note.
- La notation de la dette française reste fixée à A+.
- La perspective négative signale un risque accru de dégradation lors d’une prochaine évaluation.
- Fitch cite la taille, la richesse et la diversification de l’économie française parmi les éléments qui continuent de soutenir la note.
La décision ne constitue donc pas une dégradation immédiate de la note souveraine. Elle place toutefois les finances publiques françaises sous une surveillance renforcée, alors que le gouvernement doit encore faire adopter le budget 2027 et démontrer sa capacité à réduire le déficit dans un environnement de croissance faible et de taux d’emprunt élevés.