Diagnostic présenté au Sénat
Lors de son audition le 21 octobre devant la commission des Finances du Sénat, Anthony Morlet‑Lavidalie au nom de Rexecode a dressé un tableau préoccupant des perspectives économiques et budgétaires de la France si le projet de loi de finances pour 2027 était voté en l’état. Il a été entendu aux côtés de François Geerolf (Institut français d’économie, IFE) et Anne‑Laure Kiechel (Global Sovereign Advisory, GSA).
Chiffres clés et trajectoire
Rexecode évalue que, si le PLF 2027 était adopté tel quel, le déficit public se situerait de l’ordre de 5,2% à 5,3% du PIB. L’institut met en garde sur le risque d’un déficit « bien supérieur » selon l’issue des débats parlementaires.
- Déficit 2027 estimé : 5,2%–5,3% du PIB (si le PLF est voté en l’état).
- Charge d’intérêts de la dette publique projetée : proche de 4% du PIB en 2030.
- Rexecode alerte sur un coût de refinancement» supérieur à la croissance, ce qui accroît le risque d’emballement de la dette.
Conséquences attendues
Selon l’audition, la hausse des taux souverains se diffuse déjà au financement bancaire et de marché, ce qui pèse sur l’investissement des entreprises et des ménages et risque de freiner l’activité en 2027. Rexecode souligne aussi que la France se situe en fin de classement de la zone euro en termes de croissance, tout en affichant un déficit public parmi les plus élevés.
Le risque budgétaire à moyen terme
L’audition insiste sur la dégradation structurelle : sans réformes, la trajectoire de la dette publique est qualifiée d’« explosive et insoutenable ». Rexecode considère qu’adopter un budget demeure indispensable «pour éviter que le déficit ne dérape totalement», mais que le budget tel que présenté ne ramènerait pas le déficit à 5% du PIB, plutôt vers 5,2%–5,3%.
Voies de sortie évoquées
Rexecode rappelle que le redressement durable des finances publiques nécessiterait une réforme du modèle social, présenté comme une des composantes majeures des déséquilibres. L’institut pointe également la fragilité d’un modèle où le coût du service de la dette devient nettement supérieur à la croissance économique.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Déficit public (si PLF 2027 voté en l’état) | 5,2%–5,3% du PIB |
| Charge d’intérêts (projection 2030) | ≈ 4% du PIB |
L’audition d’Anthony Morlet‑Lavidalie place les débats budgétaires à venir sous le signe de la contrainte : la marge de manœuvre se réduit à mesure que le coût du refinancement dépasse la croissance, et le risque d’un alourdissement durable de la dette pèse désormais sur les choix politiques et économiques pour les années à venir.