Lors de son premier meeting de campagne dimanche à Orléans, Marine Le Pen a déclaré vouloir revenir sur la loi Hulot — adoptée fin 2017 — qui met fin à l'exploitation des hydrocarbures en France d'ici 2040. La candidate du Rassemblement national a présenté cette abolition comme une mesure destinée à relancer « la recherche et l'exploitation d'hydrocarbures sur le sol français » si elle accédait à l'Élysée.
Un changement législatif annoncé au cœur du programme énergétique
La loi Hulot interdit la délivrance de nouveaux permis de recherche et la reconduction des concessions existantes, en visant l'arrêt progressif de l'extraction des hydrocarbures sur le territoire national, en mer comme à terre. Marine Le Pen a affirmé vouloir supprimer ce cadre légal pour, selon elle, « valoriser toutes nos ressources, naturelles ou industrielles » et rompre avec ce qu'elle a qualifié de « logique de décroissance ».
« Nous abolirons, par exemple, la stupide loi Hulot qui interdit la recherche d'hydrocarbures sur le sol français » — Marine Le Pen
Le propos s'inscrit dans un discours plus large de la candidate sur la « puissance » économique qu'elle promet de restaurer pour la France. Elle a lié l'exploitation des gisements à la souveraineté industrielle et énergétique, sans détailler lors du meeting le calendrier législatif ni les modalités techniques d'une telle relance.
Contexte technique et chiffres disponibles
La France a rarement été un grand producteur d'hydrocarbures. En 2024, 64 gisements restaient encore exploités, principalement dans le Bassin aquitain et le Bassin parisien. Ces extractions représentaient alors de l'ordre de 1 % de la consommation nationale, selon les chiffres cités lors de la couverture de l'annonce.
| Élément | Valeur citée |
|---|---|
| Gisements encore actifs (2024) | 64 |
| Part de la consommation nationale | ~ 1 % |
Oppositions et précédents politiques
- La question de la relance des hydrocarbures a déjà suscité des débats internes au gouvernement en 2025 : le ministre des Outre-mer de l'époque, Manuel Valls, avait évoqué l'idée d'« ouvrir le débat » sur l'interdiction, tandis que des ministres de l'Environnement et de l'Énergie s'y étaient opposés, selon le compte rendu de l'actualité.
- La question revient régulièrement du fait d'intérêts particuliers, notamment pour l'Outre-mer où certains élus réclament des prospections — la Guyane étant souvent citée dans ces discussion.
- Des désaccords entre membres successifs du gouvernement sur ce sujet ont été relevés lors de débats parlementaires portant sur des propositions visant à lever l'interdiction en Outre-mer.
Marine Le Pen n'a pas précisé les mesures d'accompagnement envisagées (calendrier d'ouverture des permis, évaluations environnementales, consultation des collectivités locales, garanties financières ou révisions des normes) ni les conséquences budgétaires ou réglementaires précises d'une abolition de la loi Hulot.
Conséquences politiques et calendrier
L'annonce marque un choix de programme clair pour la campagne 2027, susceptible d'alimenter le débat sur la transition énergétique et la souveraineté industrielle. Si la suppression de la loi Hulot était portée au Parlement, elle nécessiterait l'adoption d'un texte législatif et, selon le contenu, pourrait faire l'objet d'oppositions soutenues au sein des assemblées et d'un examen par le Conseil constitutionnel si des recours étaient formés.
À moins que la candidate ne précise sa méthode législative et les études préalables envisagées, la proposition soulèvera des questions techniques (estimations des ressources exploitables, impact sur les émissions, sécurité des sites) et politiques (réactions des partis, mobilisation associative, position des collectivités concernées).