Le ministre français des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, a soulevé le 12 octobre lors d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères le sujet de restrictions commerciales qui, selon Paris, viseraient les produits français en Algérie, rapportent deux diplomates cités par Reuters et confirmé par le résumé européen de la réunion.
Un échange formel devant les homologues européens
Selon ce compte‑rendu, la France « a fait référence à l'Algérie dans le contexte de restrictions commerciales récemment adoptées sur les importations françaises ». Plusieurs diplomates ont indiqué à Reuters que des représentants algériens, lorsqu'ils ont été interrogés par des diplomates français, ont nié l'existence de telles mesures.
« La France a fait référence à l'Algérie dans le contexte de restrictions commerciales récemment adoptées sur les importations françaises. »
Le Quai d'Orsay a déclaré n'avoir reçu aucune notification formelle de la part d'Alger et a ajouté : « Nous resterons, bien sûr, particulièrement vigilants sur cette question ». Ces propos figurent dans les échanges rapportés par les diplomates interrogés par Reuters.
Un recul des flux commerciaux entre les deux pays
Les chiffres douaniers cités dans la dépêche montrent une baisse des échanges bilatéraux :
- Exportations françaises vers l'Algérie : recul d'environ 12 % en 2025, à 4,2 milliards d'euros, et une chute comparable sur les huit premiers mois de 2026.
- Importations françaises depuis l'Algérie : baisse d'environ 18 % en 2025, à 5,1 milliards d'euros, principalement liée aux hydrocarbures.
| Flux | Variation 2025 | Montant 2025 |
|---|---|---|
| Exportations FR → Algérie | -12 % | 4,2 Mds € |
| Importations FR ← Algérie | -18 % | 5,1 Mds € |
Conséquences diplomatiques et économiques
En l'absence de notification officielle, Paris a choisi de porter le dossier au niveau européen pour obtenir davantage de clarté et coordonner une réponse collective si nécessaire. Les baisses enregistrées des flux commerciaux, pointées par les douanes françaises, peuvent alimenter les tensions politiques mais elles résultent aussi de dynamiques économiques et énergétiques plus larges, notamment dans le secteur des hydrocarbures.
Face à cette situation, la France maintient une posture de vigilance, indique le Quai d'Orsay. Du côté algérien, les gouvernements consultés par Reuters ont nié avoir adopté des mesures restrictives ciblant des produits français.
Le suivi de ce dossier dépendra désormais des échanges bilatéraux entre Paris et Alger, et de toute information formelle qui pourrait être portée à la connaissance des institutions européennes.