La fédération nationale des ports et docks CGT a lancé un appel à la grève de 24 heures qui doit immobiliser les ports français le vendredi 30 octobre. Le mouvement vise, selon le syndicat, à protester contre la « militarisation des installations sous l'impulsion de la Commission européenne » et contre les orientations du projet de budget du gouvernement Lecornu, que la CGT estime contraires aux systèmes de solidarité.
Un appel relayé à l'échelle européenne et internationale
L'initiative s'inscrit dans un cadre continental : l'appel a été lancé initialement par l'European Dockworkers Council (EDC) et rejoint par des fédérations de dockers en Turquie et en Inde, a précisé la CGT. En France, la fédération nationale des ports et docks représente une large majorité des salariés du secteur, rappelle le syndicat.
"Les ports français vont être à l'arrêt à 95%"
Cette estimation a été donnée à l'AFP par Tony Hautbois, secrétaire général de la CGT des dockers, qui indique une représentativité de 95% parmi les dockers chargés du chargement et déchargement des marchandises, et de 87,5% parmi l'ensemble des salariés de la manutention portuaire au niveau national.
Revendiations et points de tension
Outre la dénonciation de ce qu'elle qualifie de militarisation, la CGT s'oppose à la déréglementation des emplois via l'automatisation des opérations de manutention dans les ports. Le syndicat critique également les orientations budgétaires du gouvernement Lecornu, estimant qu'elles « détruisent nos systèmes de solidarité », formulation reprise dans les communiqués syndicaux.
- Durée : 24 heures, le 30 octobre.
- Secteur concerné : manutention portuaire et dockers (environ 14 000 travailleurs portuaires concernés, dont 7 500 dockers, selon la CGT).
- Objectifs : s'opposer à la militarisation des ports, à l'automatisation perçue comme source de déréglementation, et aux orientations du projet de budget du gouvernement Lecornu.
Ports touchés et étendue nationale
La CGT a publié une liste étendue de ports concernés par l'appel, qui couvre l'ensemble du territoire métropolitain et outre‑mer. Sont notamment cités :
| Région / Port | Exemples |
|---|---|
| Nord‑Ouest | Boulogne, Brest, Dunkerque, Calais, Cherbourg, Saint‑Malo |
| Normandie / Seine | Le Havre, Rouen, Paris (Haropa) |
| Atlantique | La Rochelle, Lorient, Nantes/Saint‑Nazaire, Bordeaux |
| Méditerranée | Marseille, Fos‑sur‑Mer, Sète, Toulon, Nice |
| Outre‑mer | La Réunion |
| Corses | Bastia, Ajaccio |
| Sud‑Ouest | Bayonne, Port‑Vendres |
La CGT indique que 14 000 travailleurs portuaires sont concernés par l'appel, dont environ 7 500 dockers. Le syndicat estime que le mouvement paralysera 95% des activités portuaires de chargement et déchargement.
Conséquences potentielles et calendrier
La CGT place ce mouvement dans un calendrier social plus large : il intervient avant la journée d'appel à la grève et aux manifestations pour les salaires et l'emploi du 5 novembre, annoncée par plusieurs syndicats. Le blocage des ports sur une journée pourrait avoir des répercussions logistiques et économiques, notamment sur les chaînes d'approvisionnement, mais l'ampleur exacte des perturbations dépendra du suivi réel du mouvement et des mesures prises par les autorités portuaires et l'État.
Le gouvernement Lecornu n'a pas été cité dans la dépêche pour une réaction directe au moment de la publication. Les motifs avancés par la CGT — militarisation, automatisation, et orientations budgétaires — constituent les axes des revendications portées à l'origine de l'appel à la grève.