Les syndicats représentants les personnels de l'enseignement privé sous contrat ont annoncé, vendredi 23 octobre, un appel commun à la grève le jeudi 5 novembre. Il s'agit, selon les organisations elles‑mêmes, d'une « première » dans l'histoire du secteur, qui scolarise environ 17 % des élèves en France.
Demande centrale : revalorisation des salaires minima selon l'inflation
Dans un communiqué conjoint, les quatre organisations salariales — Fep‑CFDT, SNEPL‑CFTC, SNPEFP‑CGT, SYNEP CFE‑CGC — déclarent avoir « tenté de négocier les salaires minima au niveau de l'inflation dans le cadre des négociations annuelles sur les salaires et les conditions de travail, sans succès ». Elles reprochent aux syndicats employeurs, FNEP et UPES, d'avoir amélioré leurs propositions de manière marginale : de 1,2 % à 1,3 % de revalorisation — soit une hausse d'environ 2 euros brut mensuels pour certains salaires minima — alors que le Smic a été augmenté de 2,41 %.
Face à ces éléments, les syndicats salariés appellent à rejoindre la mobilisation nationale sur le pouvoir d'achat et les salaires, en programmant la journée de grève commune le 5 novembre, date déjà marquée par des appels intersyndicaux au plan national.
Positions évoquées
- Syndicats salariés : exigent une négociation pour porter les minima à hauteur de l'inflation et soulignent l'ampleur de la mobilisation prévue le 5 novembre.
- Syndicats employeurs (FNEP, UPES) : ont proposé une revalorisation passée de 1,2 % à 1,3 %, position reprise dans le communiqué des syndicats salariés comme insuffisante.
- Contexte national : la date s'inscrit dans une séquence de mobilisations plus larges sur le pouvoir d'achat, qui concernent lycéens, étudiants et organisations syndicales.
| Élément | Chiffre ou précision |
|---|---|
| Part des élèves scolarisés dans le privé sous contrat | ≈17 % |
| Proposition patronale initiale | 1,2 % |
| Proposition patronale révisée | 1,3 % |
| Augmentation du Smic | 2,41 % |
« L’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais »
Cette citation est attribuée, dans les sources, à Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, qui situe l'appel à la grève du 5 novembre dans la continuité de la mobilisation sociale en cours.
Conséquences et suites possibles
Si la grève est suivie massivement, elle pourrait conduire à la fermeture de classes ou d'établissements privés sous contrat le 5 novembre, affectant la scolarité d'une part notable d'élèves. Sur le plan des négociations, le mouvement vise à contraindre les syndicats employeurs à ouvrir des discussions pour une revalorisation des minima en lien avec l'inflation.
Les organisations salariales soulignent également l'effet d'entraînement possible de cette mobilisation sur la séquence sociale nationale : la journée du 5 novembre étant déjà appelée par la quasi‑totalité des syndicats français sur des questions de pouvoir d'achat et de salaires, l'appel unique du privé renforce la dimension interprofessionnelle de la contestation.
Les autorités, le patronat du secteur et les syndicats employeurs n'avaient pas, au moment de la publication du communiqué, présenté de nouvelle contre‑proposition publique susceptible de mettre fin au mouvement. La situation devrait évoluer dans les prochains jours en fonction du niveau de suivi de la grève et des éventuelles négociations engagées entre parties.