Les principales organisations syndicales ont confirmé mardi que la journée de grève et de manifestations prévue le 5 novembre restait « à l’ordre du jour », tout en demandant des actes concrets du gouvernement lors d’une réunion programmée à Matignon.
Un calendrier confirmé malgré les violences
Après les scènes de chaos observées le 17 octobre, qui ont mis à mal la tenue et la visibilité des cortèges, les syndicats veulent maintenir la pression pour que leurs revendications sociales ne soient pas écartées. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a convié les organisations à Matignon mercredi ; la convocation vise à dégager des réponses sur les demandes portées par les centrales.
Revendiations syndicales exposées
Parmi les attentes formulées par les syndicats figurent notamment :
- une hausse générale des salaires ;
- un coup de pouce au Smic ;
- le dégel du point d’indice pour les fonctionnaires.
Frédéric Souillot, secrétaire général de Force Ouvrière, a résumé la position de sa centrale, estimant qu’abandonner la mobilisation reviendrait à céder « aux pilleurs et aux casseurs », et ajoutant que cela viderait de sens les revendications portées par les syndicats.
"Arrêter et dire aujourd'hui 'on ne va pas manifester le 5', ça voudrait dire qu'on cèderait aux pilleurs et aux casseurs. Et qu'est-ce qu'on fait de nos revendications?" — Frédéric Souillot (FO)
Discours des autres organisations
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a elle aussi confirmé que la date du 5 novembre était maintenue et a placé la balle « du côté du gouvernement » pour fournir des réponses jugées « concrètes » aux demandes émanant aussi bien des jeunes que des travailleurs. La CFDT a par ailleurs critiqué l’absence annoncée de représentants lycéens et étudiants à la rencontre prévue, alors que leurs revendications figurent à l’agenda.
La CGT a indiqué qu’elle se rendrait à Matignon « pour exiger des réponses aux revendications des jeunes et des travailleurs » et a demandé que des représentants de la jeunesse soient reçus simultanément. Après la journée du 17 octobre, la centrale conduite par Sophie Binet a dénoncé la « stratégie du chaos » qu’elle attribue au gouvernement et a appelé à la poursuite d’une mobilisation pacifique.
Réception gouvernementale et suite
Le gouvernement, par la convocation à Matignon, ouvre une séquence de discussions avec les organisations syndicales. Le contenu exact de la réunion et les propositions qui pourraient être formulées n’ont pas été détaillés dans le communiqué de convocation. Solidaires indique quant à elle ne pas avoir été invitée.
| Acteurs | Position exprimée |
|---|---|
| FO (Frédéric Souillot) | Maintien du 5 novembre ; hausse des salaires et coup de pouce au Smic |
| CFDT (Marylise Léon) | Maintien de la mobilisation ; attend des réponses concrètes; critique de l'absence des jeunes à la table |
| CGT | Aller à Matignon pour exiger des réponses ; demande la présence des représentants de la jeunesse |
À l’issue de la réunion, les syndicats décideront s’il convient de maintenir, d’amplifier ou d’ajuster la mobilisation prévue le 5 novembre en fonction des propositions gouvernementales. Pour l’heure, la coordination intersyndicale semble privilégier la continuité de la dynamique engagée dans les rues et sur les lieux de travail.
Cette séquence place à nouveau la question du pouvoir d’achat et des salaires au cœur du dialogue social, dans un contexte où les organisations syndicales réclament des mesures jugées urgentes pour répondre à la « vie chère » et aux attentes des jeunes et des travailleurs.