Un appel à la « retenue maximale » des belligérants
Les ministres des Affaires étrangères de France, du Royaume‑Uni, d'Allemagne et d'Italie ont rencontré leurs homologues de Turquie, d'Arabie saoudite, du Pakistan et d'Égypte vendredi à Istanbul pour tenter d'identifier des voies de désescalade dans une région en proie à des tensions aggravées par des frappes et des incidents maritimes.
Au coeur des échanges figuraient la sécurisation des détroits stratégiques d'Ormuz et de Bab‑el‑Mandeb, dont la perturbation pèse sur le commerce mondial et sur les prix de l'énergie, ainsi que les frappes revendiquées par les Houthis contre l'Arabie saoudite, rappelant les interconnexions régionales du dossier iranien.
"Une nouvelle escalade entre l'Iran et les Etats‑Unis ne ferait que des perdants et aurait sans doute des conséquences très lourdes sur le prix des hydrocarbures", a déclaré le chef de la diplomatie française Jean‑Noël Barrot.
Dialogue et limites du seul recours militaire
Plusieurs participants ont souligné que la crise ne se résoudrait pas uniquement par des moyens militaires. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a estimé que, pour rouvrir Ormuz et protéger les flux essentiels aux économies, il était nécessaire de promouvoir le dialogue et de faire comprendre à l'Iran que son comportement ne pouvait se poursuivre. Le ministre britannique Ed Miliband a, selon son entourage, évoqué la reproduction des tactiques iraniennes dans la région.
Thèmes abordés
- Sécurité maritime : perturbations dans Ormuz et Bab‑el‑Mandeb et impact sur le commerce et l'énergie.
- Actions des Houthis : frappes contre l'Arabie saoudite et liens supposés avec l'Iran.
- Autres dossiers : la question palestinienne et les conséquences de la guerre en Ukraine en mer Noire.
Les ministres ont convenu, selon les comptes rendus des médias présents, d'appeler les États‑Unis et l'Iran à la « retenue maximale » pour éviter une extension du conflit, insistant sur le fait qu'une escalade aurait des répercussions économiques et sécuritaires larges.
Participants
| Pays (groupe E3) | Pays (groupe R4) |
|---|---|
| France, Royaume‑Uni, Allemagne, Italie | Turquie, Arabie saoudite, Pakistan, Égypte |
Ce format réunit pour la première fois, dans ce contexte, les pays du R4 et de l'E3 autour d'objectifs communs de stabilisation régionale. La réunion illustre la volonté de plusieurs capitales de conjuguer pressions diplomatiques et efforts de concertation multilatérale pour freiner l'escalade et protéger des intérêts économiques jugés vitaux.
Les déclarations publiques se sont concentrées sur la nécessité d'éviter une nouvelle confrontation directe entre Téhéran et Washington et sur la recherche de pistes diplomatiques visant à restaurer des conditions de sécurité suffisantes pour le trafic maritime et l'approvisionnement énergétique.