Une commission centrée sur la gestion des pouvoirs publics
La commission d’enquête de l’Assemblée nationale consacrée aux violences du 17 octobre a débuté ses travaux mardi 3 novembre 2026. Les députés doivent examiner la manière dont les autorités ont anticipé les événements, ainsi que les renseignements et les moyens mobilisés avant et pendant les débordements. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a été la première personne auditionnée par la commission.
Les troubles, accompagnés de violences et de pillages le 17 octobre ainsi que le lendemain, ont conduit les parlementaires à s’interroger sur l’organisation du maintien de l’ordre. Le président de la commission d’enquête, le député macroniste Vincent Caure, a évoqué un bilan de 1 000 policiers blessés et de 3 000 commerces vandalisés. La commission doit notamment chercher à établir les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre ont été engagées et les informations dont disposaient les pouvoirs publics.
Le ministre reconnaît un échec dans la gestion des événements
Au cours de son audition, Laurent Nuñez a reconnu un « échec » dans la gestion de cette séquence. Le ministre a également déclaré que la doctrine du maintien de l’ordre devrait être revue à la suite du 17 octobre. Cette audition intervient alors que sa gestion des événements fait l’objet de critiques rapportées par Ouest-France, notamment sur l’anticipation des violences et la répartition des effectifs.
« Il y aura un avant et un après 17 octobre »
Laurent Nuñez a par ailleurs attribué la majorité des débordements à une « mouvance d’ultragauche et d’extrême gauche » ainsi qu’à des casseurs. Ces propos constituent l’un des éléments soumis à l’examen des députés, alors que la commission doit entendre différents acteurs et confronter les explications sur le déroulement des faits.
Des interrogations sur les effectifs et l’anticipation
Le fonctionnement des forces de sécurité et leur présence dans les zones touchées figurent parmi les points évoqués depuis les violences. Certains maires, dont celui de Limoges, où la mairie a été détruite par un incendie, ont estimé que leurs communes n’avaient pas bénéficié de forces de l’ordre en nombre suffisant. D’autres responsables ont mis en cause le niveau d’anticipation du ministère de l’Intérieur.
Le ministre avait remis sa démission au président Emmanuel Macron après les événements du 17 octobre, mais celle-ci n’avait pas été acceptée. L’audition parlementaire intervient donc dans un contexte où la responsabilité politique de la préparation et de la conduite du maintien de l’ordre est directement examinée par les députés.
Une organisation contestée avant le début des auditions
La commission a commencé ses travaux après des désaccords sur la répartition de ses fonctions. Marine Le Pen a dénoncé une « mascarade » en l’absence de rapporteur issu du Rassemblement national. La députée Agnès Firmin Le Bodo, corapporteure Horizons, a ensuite démissionné en contestant cette répartition, qu’elle estimait contraire aux équilibres de l’Assemblée nationale.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, est à l’initiative de cette commission. Elle avait elle-même parlé d’une « faillite, un échec » à propos de l’« Acte I » du mouvement contre la vie chère, qui avait rassemblé environ 700 000 personnes dans toute la France. Les travaux doivent désormais se poursuivre afin de préciser les décisions prises avant les violences, la chaîne de responsabilité et les adaptations possibles de la doctrine du maintien de l’ordre.
- Première audition : Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur.
- Éléments avancés par la commission : 1 000 policiers blessés et 3 000 commerces vandalisés.
- Objet des travaux : examiner l’anticipation, le renseignement et les moyens engagés par les pouvoirs publics.