À deux jours de la journée nationale d’action intersyndicale annoncée pour le jeudi 5 novembre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez demande aux préfets et aux responsables de la sécurité de préparer des dispositifs renforcés. La consigne figure dans un télégramme adressé aux représentants de l’État, dont le contenu a été rapporté par France 24 et l’AFP.
Le ministre inscrit cette mobilisation dans un contexte marqué par les rassemblements des 17, 24 et 31 octobre. Il rappelle que ces journées ont été accompagnées, dans plusieurs villes du territoire national, d’attaques visant des lieux de pouvoir, de dégradations de commerces et d’affrontements avec les forces de l’ordre. Le 17 octobre avait notamment été marqué par des pillages et des violences, alors qu’une enquête parlementaire examine désormais la préparation et la gestion du maintien de l’ordre.
« La journée du 5 novembre fait l’objet de nombreux appels à manifester dans le cadre d’une journée nationale d’action intersyndicale. »
Dans ses instructions, Laurent Nuñez demande aux préfets de retenir une organisation « robuste, agile et réactive ». Des effectifs supplémentaires de la police et de la gendarmerie doivent pouvoir être mobilisés au cours de cette journée, qualifiée de « sensible » dans le télégramme. Le ministre invite également les autorités locales à adapter les moyens en fonction de la configuration des rassemblements et de l’évolution des risques.
Des mesures administratives envisagées
Les préfets sont appelés à examiner toutes les mesures de police administrative susceptibles d’assurer le déroulement des manifestations dans le calme. Le document cite plusieurs possibilités, parmi lesquelles des interdictions de manifester dans certains centres-villes, des arrêtés autorisant l’utilisation de drones ainsi que l’interdiction du port d’armes ou d’équipements de protection.
- Renforcement des effectifs de police et de gendarmerie ;
- Adaptation des périmètres et des conditions de rassemblement ;
- Possibilité d’utiliser des drones lorsque les arrêtés le permettent ;
- Interdiction du port d’armes ou de certains équipements de protection.
Ces mesures ne sont pas présentées comme applicables automatiquement à l’ensemble du territoire. Le télégramme demande aux préfets d’évaluer la situation locale et de prendre, lorsque cela est nécessaire, les décisions relevant de leurs compétences. Les restrictions envisagées portent donc sur l’organisation des manifestations, leur emplacement et les objets susceptibles d’être utilisés lors de violences.
Contrôles dans les transports
Laurent Nuñez préconise par ailleurs des contrôles des flux en amont des rassemblements. Les gares et les principaux axes de transport sont cités comme des points d’attention. L’objectif affiché est de limiter la circulation de personnes considérées comme présentant un risque et de repérer des objets pouvant servir à commettre des violences, notamment des cagoules, masques, feux d’artifice ou mortiers. Les contrôles doivent aussi permettre d’identifier des personnes qui ne seraient pas autorisées à participer aux manifestations.
| Journée | Éléments mentionnés |
|---|---|
| 17 octobre | Dégradations, pillages et violences contre les forces de l’ordre |
| 24 et 31 octobre | Mobilisations prises en compte dans la préparation du dispositif |
| 5 novembre | Journée nationale d’action intersyndicale annoncée |
Le dispositif annoncé intervient alors que le ministre de l’Intérieur est auditionné par les députés sur les événements du 17 octobre. Dans les instructions transmises aux préfets, il justifie le renforcement de la sécurité par la répétition récente de rassemblements ayant donné lieu à des dégradations, à des pillages et à des attaques contre les forces de l’ordre. Les autorités devront désormais mettre en œuvre ces orientations en tenant compte des rassemblements effectivement déclarés et des risques identifiés dans chaque zone.