Les règles du cumul emploi-retraite seront modifiées à compter du 1er janvier 2027 pour les personnes dont la pension prendra effet à cette date. Deux décrets publiés le 3 novembre 2026 au Journal officiel précisent le dispositif. Le montant d’activité pouvant être conservé en complément d’une pension dépendra désormais principalement de l’âge auquel le départ à la retraite intervient.
Un régime différent selon l’âge de départ
Jusqu’au 31 décembre 2026, le cumul repose notamment sur l’obtention du taux plein et sur la liquidation de l’ensemble des pensions. Lorsque ces conditions sont remplies, l’ancien retraité peut cumuler intégralement sa pension et les revenus tirés d’une activité, sans plafond. Dans les autres situations, les revenus professionnels sont soumis à une limite.
Le nouveau mécanisme distingue trois périodes. Avant l’âge légal, fixé entre 62 et 64 ans selon la génération, les revenus issus d’une reprise d’activité seront déduits de la pension. Entre l’âge légal et 67 ans, un plafond annuel s’appliquera. Au-delà de ce seuil, une partie de la pension pourra être réduite. À partir de 67 ans, le cumul redeviendra intégral et sans plafond.
| Situation du retraité | Règle prévue à partir de 2027 |
|---|---|
| Avant l’âge légal | Les revenus d’activité sont déduits de la pension |
| Entre l’âge légal et 67 ans | Cumul jusqu’à 7 000 euros par an, puis réduction de la pension |
| À partir de 67 ans | Cumul intégral sans plafond |
Un plafond fixé à 7 000 euros pour 2027
Entre l’âge légal et 67 ans, le cumul sera autorisé jusqu’à 7 000 euros de salaire annuel en 2027. Lorsque cette limite sera dépassée, la pension sera diminuée de 50 % du montant excédentaire. Le seuil ne concerne que la première année d’application du nouveau dispositif. Il pourrait ensuite être revalorisé chaque 1er janvier en fonction de l’évolution du plafond de la sécurité sociale.
La réforme ne concernera pas les personnes dont la retraite a commencé avant le 1er janvier 2027. Même en cas de reprise d’activité après cette date, ces retraités resteront soumis aux règles antérieures. Cette distinction entre la date de liquidation de la pension et celle de la reprise d’un emploi constitue un élément central du calendrier d’entrée en vigueur.
Des objectifs d’économies et des exceptions
Le gouvernement présente cette évolution comme un moyen de mieux articuler la reprise d’une activité avec l’âge de départ, de limiter les départs précoces et de réduire les dépenses. Les économies sont estimées à 2 milliards d’euros d’ici à 2030, en incluant les retraites complémentaires. Les effets financiers ne seront toutefois pas identiques pour tous les retraités : ceux qui cessent leur activité plus tôt et reprennent ensuite un emploi pourraient voir leurs revenus davantage limités.
Le texte prévoit par ailleurs des dérogations pour certaines activités. Sont notamment concernées des activités artistiques, des fonctions juridictionnelles, les métiers d’assistant maternel ou familial, certaines professions de santé exercées dans des zones déterminées ainsi que les réserves opérationnelles. La portée exacte de ces exceptions dépendra des conditions prévues par les textes applicables.
- Entrée en vigueur : 1er janvier 2027.
- Champ d’application : pensions prenant effet à partir de cette date.
- Plafond 2027 : 7 000 euros de salaire annuel entre l’âge légal et 67 ans.