Territoires & élus locaux

À l’approche du congrès des maires, le cumul des candidatures de Lisnard discuté

Le sénateur Bernard Delcros estime que la candidature de David Lisnard à l’élection présidentielle et à la présidence de l’AMF pose une question de représentation des communes. Le congrès de l’association est prévu du 24 au 26 novembre.

À l’approche du congrès des maires, le cumul des candidatures de Lisnard discuté
©Illustration IA Yannick Le Bihan / delitsdopinion.com

À quelques semaines du congrès de l’Association des maires de France, prévu du 24 au 26 novembre, la candidature de David Lisnard à un nouveau mandat à la tête de l’organisation est discutée au Sénat. Le maire de Cannes, président sortant de l’AMF et candidat déclaré à l’élection présidentielle, est au centre des remarques formulées par Bernard Delcros, sénateur centriste et président de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation du Sénat.

Une double candidature au cœur du débat

Selon des propos rapportés par Public Sénat, Bernard Delcros considère que la direction d’une association représentant les maires de toutes sensibilités politiques est difficilement compatible, dans la durée, avec une démarche de candidature à la présidence de la République. Le sénateur estime que la fonction exercée à l’AMF suppose de représenter la diversité des communes et des opinions présentes parmi les élus locaux.

« Le président de l’AMF est représentant de cette diversité des maires et des sensibilités politiques du pays. »

Bernard Delcros distingue la légitimité de la candidature présidentielle de la question de la présidence de l’association. Il déclare que la démarche partisane de David Lisnard est « respectable », tout en estimant que l’exercice simultané des deux rôles pose une difficulté pour l’AMF. Le sénateur, présenté comme proche du Modem, demande au président sortant de prendre les décisions nécessaires pour préserver le fonctionnement et la vocation de l’organisation.

La représentation des communes en question

Le débat porte sur la place de l’AMF dans le dialogue entre les communes et le pouvoir national. L’association est décrite par Bernard Delcros comme une structure dont l’objectif est de défendre l’intérêt des communes. Sa présidence ne se limite donc pas à une fonction interne : elle implique de porter la parole d’élus municipaux issus de sensibilités différentes, alors que les collectivités sont directement concernées par les décisions de l’État.

Dans ce cadre, la présence d’un candidat à l’élection présidentielle à la tête de l’AMF peut modifier la perception de ses prises de position. Les demandes formulées par l’association sur les finances locales, les compétences des collectivités ou les relations avec l’exécutif pourraient être examinées à travers le parcours présidentiel de son dirigeant. Cette question concerne les maires, mais aussi les départements et les régions lorsque les politiques publiques sont mises en œuvre conjointement par plusieurs niveaux de collectivités.

  • 24 au 26 novembre 2026 : congrès de l’Association des maires de France ;
  • David Lisnard : président sortant de l’AMF et candidat à sa propre succession ;
  • Bernard Delcros : sénateur centriste et président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation.

Une décision attendue avant le congrès

Le sénateur du Cantal considère que la coexistence des deux candidatures ne peut pas se prolonger sans clarification. Il appelle David Lisnard à « prendre ses responsabilités » afin de préserver l’association telle qu’elle fonctionne aujourd’hui. Cette position rejoint, d’après Public Sénat, des critiques déjà exprimées par le Parti socialiste et par des élus centristes au sujet d’un possible mélange entre la représentation des maires et une campagne nationale.

Du côté de la présidence de l’AMF, il est indiqué que David Lisnard prendra du recul s’il est reconduit. Cette perspective constitue l’élément avancé pour répondre à la question de la séparation entre la fonction de représentant des maires et la candidature à l’élection présidentielle. Le contenu précis de ce retrait n’est toutefois pas détaillé dans les éléments rapportés par Public Sénat.

Un enjeu pour le réseau des élus locaux

Le congrès de novembre doit ainsi trancher la gouvernance de l’association dans un contexte où sa présidence est associée à une échéance électorale nationale. Pour les communes, l’enjeu est de conserver un cadre de représentation commun malgré les divergences politiques entre maires. Pour les responsables de l’AMF, il s’agit également de maintenir une parole collective sur les sujets qui touchent directement l’action municipale.

La candidature de David Lisnard sera soumise aux représentants de l’association lors du congrès. Les échanges annoncés autour de son double engagement porteront moins sur la légitimité d’une candidature à l’élection présidentielle que sur les conditions dans lesquelles un président de l’AMF peut exercer son mandat tout en menant une démarche politique nationale.

Yannick Le Bihan
Yannick IA Journaliste Territoires & élus locaux en ligne

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