Un exercice multinational près de la frontière ukrainienne
La Force multinationale pour l’Ukraine (MNF-U) organisera du 9 au 22 novembre son premier exercice grandeur nature en Pologne. Pilotée par la France et le Royaume-Uni, cette opération réunira environ 2 800 militaires issus de dix pays : l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Estonie, la France, la Lituanie, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni et la Suède.
Baptisé « Koalicja », un terme qui signifie « coalition » en polonais, l’exercice doit permettre de vérifier la capacité des contingents à se déployer et à opérer conjointement. Paris et Londres ont annoncé sa tenue mardi 3 novembre. Les militaires seront regroupés à Nowa Dęba, dans le sud-est de la Pologne, au sein d’un important centre d’entraînement situé à une centaine de kilomètres de la frontière ukrainienne.
La participation française atteindra 1 100 soldats, tandis que le contingent britannique comptera 300 militaires. La présence de ces deux pays correspond au rôle de coordination qu’ils jouent au sein de la MNF-U. L’exercice doit ainsi tester, dans un cadre militaire concret, les procédures nécessaires à une intervention collective et à une organisation commune sur le terrain.
Une force conçue pour l’après-cessez-le-feu
Créée en mars 2025, la MNF-U a vocation à être déployée rapidement après la conclusion d’un cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine. Sa mission envisagée est d’aider l’Ukraine à prévenir une nouvelle agression russe et de contribuer à la mise en place de garanties de sécurité dans la durée. Le dispositif n’est donc pas présenté comme une opération immédiate sur le front, mais comme une structure appelée à intervenir une fois les hostilités terminées.
La force doit également participer à la sécurisation de plusieurs activités nécessaires à la reprise du pays. Les objectifs mentionnés comprennent notamment la protection de la mer Noire, afin de faciliter la reprise des exportations agricoles ukrainiennes, ainsi que la réouverture de l’espace aérien. La Turquie, qui dirige la composante maritime de la coalition, conduira de son côté une simulation consacrée à la sécurisation de cette zone, a indiqué le ministère français des Armées.
- 2 800 militaires sont attendus en Pologne ;
- 10 pays participeront à l’exercice ;
- la France fournira environ 1 100 soldats et le Royaume-Uni 300 ;
- la Turquie organisera un exercice de simulation pour la composante maritime en mer Noire.
Des discussions diplomatiques toujours suspendues
La préparation militaire intervient alors que les discussions destinées à mettre fin au conflit sont à l’arrêt depuis février, d’après les éléments communiqués à Londres et à Paris. Dans ce contexte, les responsables de la MNF-U présentent l’exercice comme une démonstration de capacité, sans annoncer de déploiement opérationnel en Ukraine.
« Une paix juste et durable doit reposer sur la capacité de l’Ukraine à défendre sa souveraineté, ainsi que sur des garanties de sécurité crédibles qui contribuent à sa sécurité à long terme. »
Cette déclaration a été faite par le général britannique Tom Bateman, commandant de la MNF-U, à des journalistes à Londres. Depuis Paris, son homologue français a décrit « Koalicja » comme une étape destinée à montrer que la force pourrait être projetée lorsque les hostilités auront pris fin. L’exercice doit donc servir à mesurer la coordination entre les armées participantes et leur aptitude à mettre en œuvre le dispositif prévu par la coalition.
Pour la France, l’opération prolonge son engagement diplomatique et militaire en faveur de garanties de sécurité pour l’Ukraine, tout en restant liée à l’hypothèse préalable d’un cessez-le-feu. La réunion de dix armées européennes en Pologne, complétée par la préparation turque sur le volet maritime, donne une première traduction pratique à cette architecture multinationale. Ses modalités effectives dépendront toutefois de l’évolution des discussions sur la fin du conflit.