La France entend poursuivre sa politique au Proche-Orient indépendamment de l’issue des élections en Israël. Invité sur France 2, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué que Paris continuerait de soutenir à la fois la sécurité d’Israël et la création d’un État palestinien aux côtés de l’État israélien.
« Notre cap ne variera pas »
Cette ligne doit rester valable que la coalition du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu conserve le pouvoir ou que le bloc de l’opposition l’emporte, a précisé Jean-Noël Barrot. Le ministre a présenté la position française autour de deux objectifs : garantir la sécurité d’Israël et maintenir la perspective de deux États « reconnus et respectés dans leur droit, en paix ».
Une relation franco-israélienne marquée par plusieurs désaccords
Cette déclaration intervient dans un contexte de relations difficiles entre Paris et Jérusalem. Le média Times of Israel rappelle que le président Emmanuel Macron a reconnu un État de Palestine un an auparavant. Plus récemment, le chef de l’État a annoncé l’arrêt du commerce avec les implantations israéliennes de Cisjordanie. Ces décisions ont contribué à tendre les relations entre les deux pays, alors que la France affirme maintenir son soutien à la sécurité israélienne.
Jean-Noël Barrot n’a pas établi de différence entre une éventuelle victoire de la coalition sortante et celle de l’opposition concernant l’avenir des relations bilatérales. Il a déclaré que la position française restait inchangée, sans présenter le bloc d’opposition comme un partenaire appelé à rendre les échanges avec Paris plus simples.
Le dépouillement se poursuivait mercredi
Au moment de l’intervention du ministre, aucun groupe ne semblait en mesure de former seul une majorité gouvernementale. Le dépouillement n’était alors réalisé qu’à hauteur de la moitié des suffrages exprimés. Jean-Noël Barrot a donc appelé à attendre la publication des résultats définitifs et la formation des institutions issues du scrutin.
Le taux de participation, annoncé à 77,7 %, a également été relevé par le ministre. Celui-ci y a vu le signe que les électeurs israéliens avaient pris part au débat politique. Il a rappelé que la France entendait travailler avec le gouvernement désigné par le vote, quelle que soit sa composition.
- 77,7 % : taux de participation mentionné par Jean-Noël Barrot ;
- le dépouillement portait encore sur environ la moitié des suffrages lorsque le ministre s’est exprimé ;
- le gouvernement français maintient la perspective de deux États comme axe diplomatique.
Le score des partis arabes observé par Paris
Le ministre a enfin évoqué le « score historique des partis arabes ». Selon lui, ce résultat pourrait intervenir dans les choix politiques à venir et dans la constitution de la future majorité. Cette appréciation intervient alors que les résultats demeuraient partiels et que les équilibres parlementaires n’étaient pas encore arrêtés.
La position exprimée par Paris ne dépend donc pas, à ce stade, de l’identité du prochain gouvernement israélien. La France dit vouloir préserver son soutien à la sécurité d’Israël tout en défendant la création de deux États vivant côte à côte. Les prochaines étapes dépendront des résultats définitifs, de la formation de la majorité et des décisions du gouvernement qui en découlera.