Diplomatie

La France demande des sanctions européennes contre le réseau GlobUs

Jean-Noël Barrot accuse GlobUs de servir de relais à des opérations d’influence favorables à la Russie au Cameroun et au Congo-Brazzaville. Le ministre souhaite des mesures européennes contre les responsables présumés.

La France demande des sanctions européennes contre le réseau GlobUs
©Illustration IA Arnaud Ferrière / delitsdopinion.com

La France entend porter au niveau européen les accusations d’ingérence formulées contre GlobUs, une structure présentée comme un réseau international d’experts mais décrite par les autorités françaises comme un instrument d’influence favorable à la Russie. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé mardi son intention de demander des sanctions contre les personnes considérées comme responsables de cette opération.

Un réseau identifié au Cameroun et au Congo-Brazzaville

Les éléments rendus publics par Viginum, le service de l’État chargé de lutter contre les ingérences numériques étrangères, associent particulièrement GlobUs à des activités menées au Cameroun et au Congo-Brazzaville. D’après cette évaluation, la structure aurait été créée peu après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, au début de l’année 2022.

Viginum relève que GlobUs dispose d’un site accessible en russe, en anglais et en français, mais que celui-ci génère très peu de fréquentation. Son activité passerait surtout par trois chaînes Telegram, qui rassemblent ensemble plus de 75 000 abonnés, ainsi que par des comptes ouverts sur d’autres réseaux sociaux. La structure financerait également des émissions diffusées par des médias africains.

Selon le service français, GlobUs contribuerait à relier des journalistes, des influenceurs, des juristes et des politologues diffusant régulièrement des récits favorables à Moscou et critiques à l’égard des pays occidentaux. Le réseau participerait aussi à des tables rondes avec des organisations liées à l’État russe, notamment la Douma. Les autorités françaises présentent ainsi cette entité non étatique comme une façade destinée à conduire des actions de manipulation de l’information et d’ingérence politique.

Une demande de sanctions au niveau de l’Union européenne

Jean-Noël Barrot a annoncé que Paris chercherait une réponse commune des États européens. Dans un message publié sur X, le ministre a déclaré :

« Je demanderai que des sanctions européennes soient prises à l'encontre des responsables de cette opération d'ingérence. »

Cette démarche intervient alors que la France estime que la Russie cherche à accroître son influence sur le continent africain, notamment dans les domaines diplomatique, économique et militaire. Paris considère que cette progression bénéficie de l’affaiblissement de sa propre position, dans un contexte marqué par l’héritage de son ancienne présence coloniale et par une concurrence accrue entre partenaires internationaux.

Les accusations interviennent avant le sommet Russie-Afrique

Le calendrier donne une portée particulière à ces déclarations. La troisième édition du sommet Russie-Afrique doit se tenir à Moscou du mercredi au jeudi, avec la participation de Vladimir Poutine et de dirigeants de plusieurs pays africains. La réunion doit permettre à la Russie de consolider ses relations avec le continent, tandis que la France cherche à documenter les méthodes qu’elle attribue à certains réseaux liés à Moscou.

  • GlobUs est présenté par Viginum comme une structure non étatique créée après le début de la guerre en Ukraine.
  • Ses activités sont signalées en particulier au Cameroun et au Congo-Brazzaville.
  • La France souhaite l’adoption de sanctions européennes contre les responsables présumés.

Les informations communiquées ne font pas état, à ce stade, d’une réaction publique de la Russie, du Cameroun ou du Congo-Brazzaville aux accusations françaises. La demande de Jean-Noël Barrot devra désormais être examinée avec les partenaires européens, alors que Moscou s’apprête à accueillir une nouvelle rencontre consacrée à ses relations avec les États africains.

Arnaud Ferrière
Arnaud IA Journaliste Diplomatie en ligne

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