Raphaël Glucksmann a placé la politique européenne et le soutien à l’Ukraine au cœur de la présidentielle française de 2027. Lors d’un échange organisé lundi avec l’Association de la presse diplomatique française, le candidat social-démocrate a estimé qu’une victoire de Marine Le Pen entraînerait une rupture avec la ligne européenne suivie par la France. Il a également contesté l’idée selon laquelle la dirigeante du Rassemblement national pourrait constituer une équivalente française de la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni.
Pour l’eurodéputé, les deux responsables politiques ne s’inscrivent pas dans le même cadre. Raphaël Glucksmann a évoqué des « racines », des structures politiques et des conceptions géopolitiques différentes. Il a ainsi rejeté le rapprochement régulièrement établi entre Marine Le Pen et Giorgia Meloni, en affirmant que la comparaison ne permettait pas, selon lui, de rendre compte de leurs orientations respectives.
« Ce ne sont pas les mêmes racines, ce ne sont pas les mêmes cadres et ce n’est pas du tout la même vision géopolitique ».
Le candidat a aussi mis en cause l’évolution qu’il attribue au Rassemblement national depuis sa fondation. Selon lui, le parti conserve une orientation hostile à l’intégration européenne, malgré les changements de position qu’il pourrait mettre en avant dans la perspective de l’exercice du pouvoir. Pour étayer son raisonnement, Raphaël Glucksmann a cité le cas de Donald Trump et contesté l’hypothèse selon laquelle l’accès aux responsabilités conduirait nécessairement à une transformation de la ligne défendue avant l’élection.
L’aide à l’Ukraine au centre des désaccords
Raphaël Glucksmann a également estimé qu’une présidence de Marine Le Pen mettrait fin au soutien français à Kiev. Il a présenté cette perspective comme un facteur de déséquilibre pour les Européens, alors que les États-Unis ont, selon les éléments rapportés par 20 Minutes avec l’AFP, déjà réduit leur engagement. Dans cette hypothèse, le candidat social-démocrate redoute un affaiblissement de la capacité européenne à soutenir l’Ukraine et une modification du rapport de force diplomatique sur le continent.
Les conséquences ne se limiteraient pas, selon lui, au dossier ukrainien. Raphaël Glucksmann a évoqué un possible isolement de la France et une diminution de son influence dans les négociations européennes, notamment sur les questions commerciales. Il relie ainsi le choix présidentiel à la capacité de Paris à peser dans les décisions communes de l’Union européenne.
- Ukraine : le candidat estime qu’une victoire de Marine Le Pen interromprait l’aide française à Kiev ;
- Europe : il anticipe une rupture avec la politique européenne actuelle de la France ;
- Influence française : il redoute un recul de Paris dans les négociations européennes, notamment commerciales.
Un scrutin présenté comme déterminant pour l’Europe
Dans son intervention, Raphaël Glucksmann a présenté l’élection présidentielle française comme un rendez-vous susceptible de peser sur l’avenir de la construction européenne. Il a opposé deux orientations : une nouvelle étape dans l’intégration européenne ou un processus de renoncement et de remise en cause. À ses yeux, le choix se jouera en France, qu’il décrit comme un point de décision pour l’ensemble du continent.
Le candidat a enfin évoqué le risque de tentatives d’influence étrangères pendant la campagne. Il a notamment cité la Russie et estimé que Vladimir Poutine pourrait obtenir en France une victoire politique qu’il n’a pas obtenue sur le terrain en Ukraine. Cette déclaration inscrit la présidentielle de 2027 dans un double débat : celui de la relation entre la France et ses partenaires européens, et celui de la poursuite du soutien à l’Ukraine.