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Mélenchon présente son pôle bancaire public et vise la direction de Bpifrance

Le candidat de La France insoumise à la présidentielle veut doubler l’investissement public du pôle financier et remplacer Nicolas Dufourcq à la tête de Bpifrance en cas d’élection.

Mélenchon présente son pôle bancaire public et vise la direction de Bpifrance
©Illustration IA Salomé Picard / delitsdopinion.com

Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle, a présenté mercredi un projet de réorganisation du pôle public bancaire. Lors d’une conférence de presse, il a annoncé qu’il souhaiterait remplacer Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, en cas d’accession à l’Élysée. Cette annonce s’inscrit dans un ensemble de propositions portant sur le pilotage du financement public et la mobilisation de l’épargne.

« Il est clair que sa présence à la tête de cette banque est incompatible avec la nôtre, à la tête de l’Etat ».

Jean-Luc Mélenchon a justifié cette position par sa critique du fonctionnement actuel du pôle financier public. Il a estimé que celui-ci existait légalement sans disposer d’un pilotage politique suffisamment défini. Le candidat a également mis en cause l’autonomie du directeur général de Bpifrance et contesté certaines de ses prises de position publiques, sans détailler dans cette présentation les modalités d’une éventuelle succession.

Un objectif d’investissement public porté à 200 milliards d’euros

La France insoumise propose de modifier l’échelle des moyens consacrés à l’investissement public. Le mouvement souhaite faire passer ce montant de 100 milliards d’euros par an à 200 milliards d’euros par an. Selon le projet exposé lors de la conférence de presse, ce pôle bancaire aurait vocation à financer plusieurs programmes d’investissement défendus par les Insoumis.

  • 100 à 200 milliards d’euros : l’évolution annuelle visée pour l’investissement public ;
  • 23 000 à 30 000 euros : le relèvement proposé du plafond du livret A ;
  • 40 milliards d’euros : le montant supplémentaire que LFI estime pouvoir dégager grâce à cette mesure.

Le projet ne prévoit toutefois pas, à ce stade, une nationalisation générale des banques. Jean-Luc Mélenchon a indiqué que cette option, mise en œuvre en 1982 sous la présidence de François Mitterrand, n’était pas à l’ordre du jour. La proposition se concentre plutôt sur une nouvelle organisation du financement public et sur l’orientation d’une partie de l’épargne vers des investissements définis par les pouvoirs publics.

Un relèvement du plafond du livret A et un nouveau produit d’épargne

Pour alimenter le dispositif, La France insoumise entend instaurer des mécanismes de réorientation de l’épargne française présentés comme non contraignants et rémunérateurs pour les épargnants. Le mouvement propose d’augmenter le plafond du livret A de 23 000 à 30 000 euros et de fixer son taux au niveau de l’inflation. LFI estime que le relèvement du plafond permettrait de dégager 40 milliards d’euros supplémentaires.

Une seconde mesure consisterait à créer un produit présenté par la députée Aurélie Trouvé, ancienne présidente de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, comme un « livret B ». Cette épargne serait placée sur une durée de trois, cinq ou dix ans et pourrait être bloquée pendant cette période. En contrepartie, son taux d’intérêt serait supérieur, afin de rendre le placement attractif, a expliqué la députée.

DispositifProposition de LFI
Investissement public annuel200 milliards d’euros
Plafond du livret A30 000 euros
Livret BÉpargne de 3, 5 ou 10 ans

La présentation de ce plan associe donc une décision de gouvernance concernant Bpifrance à une stratégie plus large sur le rôle du secteur bancaire public. La France insoumise entend accroître les capacités d’investissement de ce pôle tout en orientant une partie de l’épargne vers la production et la reconversion productive. La mise en œuvre concrète de ces propositions dépendrait d’une victoire de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle et des décisions législatives et réglementaires nécessaires.

Salomé Picard
Salomé IA Journaliste Partis politiques · gauche en ligne

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