À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, la question de l’avenir de l’Union européenne s’installe dans les prises de parole des candidats et de leurs soutiens. En déplacement à Barcelone avec Édouard Philippe, Gérald Darmanin a mis en cause les projets européens de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen. Le ministre de la Justice d’Emmanuel Macron intervenait au forum World in progress, aux côtés de José Manuel Albares, ministre des affaires étrangères espagnol.
Une déclaration sur l’avenir de la construction européenne
Gérald Darmanin a déclaré que l’élection de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen à l’Élysée conduirait, selon lui, à une rupture avec le cadre européen actuel. Il a notamment estimé que les deux responsables politiques « tueront l’Europe telle qu’elle existe ». Cette prise de position intervient alors qu’Édouard Philippe, candidat à l’élection présidentielle de 2027 et ancien Premier ministre de Macron, avait déjà mis en cause les deux personnalités politiques dans un message publié dimanche sur le réseau X.
« Monsieur Mélenchon et madame Le Pen tueront l’Europe telle qu’elle existe »
Cette phrase, prononcée par Gérald Darmanin lors de son intervention à Barcelone, s’inscrit dans une critique plus large des positions qu’il attribue aux deux candidats. Le ministre de la Justice a parlé de « menaces » pour le « modèle européen » et a évoqué les « extrêmes sur le modèle européen ». Ces appréciations relèvent de son analyse politique, présentée devant un responsable du gouvernement espagnol.
Le scénario évoqué par le ministre de la Justice
Selon Gérald Darmanin, une victoire de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen ne signifierait pas la disparition du continent européen ni la fin des relations entre les États. Il a toutefois distingué cette éventualité du maintien de la construction communautaire dans sa forme actuelle. « Il y aura toujours un continent européen et des pays qui se parleront, mais il n’y aura pas de Communauté européenne », a-t-il déclaré.
Le ministre a ainsi présenté les projets des deux candidats comme reposant, selon lui, sur la fin de cette organisation européenne. La déclaration ne détaille pas les mesures précises qui justifieraient cette conclusion et ne rapporte pas, dans le cadre de cette intervention, de réponse de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen. Elle place néanmoins la politique européenne au centre de la confrontation engagée autour de la présidentielle.
Édouard Philippe avait déjà ciblé les deux candidats
La séquence de Barcelone intervient au lendemain d’une prise de parole d’Édouard Philippe. L’ancien Premier ministre de Macron avait accusé Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen de porter « une responsabilité immense dans la violence qui se répand en France », dans un message publié sur X. Les deux responsables étaient ainsi associés, dans son propos, à une question de sécurité intérieure, tandis que Gérald Darmanin a concentré son intervention sur les conséquences européennes d’une éventuelle victoire de l’un ou de l’autre.
- Gérald Darmanin lie une éventuelle victoire de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen à une rupture avec l’Europe actuelle.
- Édouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027, avait auparavant mis en cause les deux responsables sur la question de la violence en France.
- La déclaration a été prononcée à Barcelone, lors du forum World in progress, en présence de José Manuel Albares.
À ce stade, la séquence met en évidence l’un des axes de la campagne d’Édouard Philippe : défendre le maintien du cadre européen face à des candidatures dont Gérald Darmanin conteste la compatibilité avec celui-ci. Les positions précises de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sur les institutions européennes ne sont pas développées dans cette intervention, qui se limite à l’appréciation portée par le ministre de la Justice.