La suspension temporaire de la réforme des retraites de 2023 entraîne une hausse du nombre de départs en 2026. Dans une interview publiée le 28 octobre par Les Échos, le directeur général de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), Paul Bazin, a indiqué que l’Assurance retraite devrait traiter 905 000 demandes de liquidation cette année, contre environ 70 000 de moins en 2025.
Une hausse liée au gel de l’âge légal
La Cnav gère le régime de retraite de base des salariés des entreprises et des associations, des artisans, des commerçants, des agents non titulaires de la fonction publique ainsi que des élus locaux. Elle verse les pensions de 15,5 millions de retraités, sur un total de 17 millions de retraités en France, selon les éléments rapportés par Tout sur mes finances.
Cette progression des demandes découle de la mesure inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Le texte a temporairement interrompu la montée en charge de la réforme adoptée en 2023, qui devait porter progressivement l’âge minimum de départ de 62 à 64 ans. Les assurés concernés peuvent ainsi liquider leurs droits quelques mois plus tôt que ne le prévoyait le calendrier initial.
| Année de naissance | Âge de départ prévu après le gel |
|---|---|
| 1964 | 62 ans et 9 mois |
| 1er janvier au 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois |
| 1er avril au 31 décembre 1965 | 63 ans |
| 1966 | 63 ans et 3 mois |
| 1967 | 63 ans et 6 mois |
| 1968 | 63 ans et 9 mois |
| À partir de 1969 | 64 ans |
Des départs avancés de trois à six mois
Pour les générations nées entre 1964 et 1968, le dispositif permet donc un départ anticipé de trois à six mois par rapport au calendrier issu de la réforme de 2023. L’âge légal de 64 ans, qui devait concerner les personnes nées à partir de 1968, s’appliquera finalement aux générations nées à compter de 1969.
- 905 000 dossiers de liquidation sont attendus par l’Assurance retraite en 2026.
- Le volume annoncé est supérieur de 70 000 dossiers à celui de 2025.
- Le gel décale d’un an l’application de l’âge légal de 64 ans.
La mesure ne concerne pas uniquement l’âge de départ. D’après les informations rapportées, le gel temporaire porte également sur la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein. La progression prévue par la réforme de 2023 est ainsi interrompue au niveau atteint au moment de l’entrée en vigueur du nouveau dispositif.
« L’afflux exceptionnel »
Cette expression a été employée par Paul Bazin pour décrire le nombre de départs attendus en 2026. Le directeur général de la Cnav a également expliqué que la caisse avait anticipé une hausse très importante liée à la suspension de la réforme. En revanche, il a indiqué que le succès de la retraite progressive avait été plus marqué que prévu, sans que les éléments rapportés ne précisent le nombre de bénéficiaires concernés.
La conséquence immédiate est une augmentation du nombre de dossiers à instruire par l’Assurance retraite au cours de l’année. Le dispositif modifie, pour plusieurs générations, le calendrier de liquidation des droits fixé par la réforme de 2023, tout en maintenant l’objectif d’un âge légal de 64 ans pour les assurés nés à partir de 1969.