Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé vendredi 23 octobre, lors d'une conférence de presse à place Beauvau, le renforcement du dispositif de sécurité destiné aux manifestations prévues samedi 24 octobre. Le dispositif mobilisera au niveau national 70 000 policiers et gendarmes, selon son intervention rapportée par l'AFP.
Des moyens supplémentaires et spécialisés
Face aux violences survenues le 17 octobre et aux messages d'appels aux pillages diffusés sur les réseaux sociaux, le ministre a exposé une montée en puissance des moyens disponibles. Outre les effectifs, le dispositif associera des unités spécialisées et des matériels lourds pour protéger les bâtiments et les cortèges.
- Mobilisation des unités spécialisées : RAID, GIGN et, pour Paris, la BRI.
- Renforts de gendarmerie blindés : une vingtaine de véhicules Centaure.
- Engins de maintien de l'ordre : 15 engins lanceurs d'eau de la police, hélicoptères et drones.
Le ministre a précisé que ces unités d'élite « n'ont pas vocation à assurer le maintien de l'ordre » mais qu'elles pourront contribuer à la protection de bâtiments, permettant aux forces dédiées au suivi des cortèges de se concentrer sur la sécurisation des manifestants et des itinéraires.
Consignes et avertissements
Laurent Nuñez a mis en garde contre des appels qu'il attribue à des composantes de l'ultragauche et de l'extrême gauche radicale, citant des incitations à « s'en prendre à des bâtiments publics », à des « pillages » et à des « exactions ». Il a insisté sur la ligne choisie par le gouvernement pour répondre aux risques identifiés.
« On sera absolument intraitables », a-t-il déclaré.
Le ministre a aussi indiqué que les violences feraient « forcément des suites judiciaires » et rappelé que l'évaluation des risques et les décisions opérationnelles relèvent des préfets sur leur territoire.
Organisation territoriale et mission des unités
Le dispositif combine des moyens locaux et des renforts mobiles. Selon l'annonce, l'objectif affiché est d'assurer la protection des bâtiments et des parcours, tout en disposant de capacités d'intervention pour faire face à des risques de débordements ou d'attaques coordonnées.
| Élément | Chiffre / précision |
|---|---|
| Effectifs mobilisés | 70 000 policiers et gendarmes |
| Véhicules blindés Centaure | ~20 |
| Engins lanceurs d'eau | 15 |
| Unités d'élite mentionnées | RAID, GIGN, BRI (à Paris) |
Cette annonce intervient une semaine après des violences urbaines et des pillages qui ont conduit le gouvernement à revoir son dispositif et à donner des consignes de fermeté. Les préfets restent chargés d'adapter localement les mesures en fonction des risques constatés et des manifestations déclarées ou non.
Le renforcement annoncé suscite déjà des réactions au sein des forces de l'ordre et de la classe politique, qui pèsent sur le débat public sur les moyens et les méthodes de maintien de l'ordre en période de forte mobilisation sociale.