La communication numérique de la police nationale du Val‑d’Oise a publié mardi 20 octobre sur X un visuel censé montrer le butin saisi lors d’arrestations réalisées en marge des manifestations du 17 octobre. Le message accompagné de la photo annonçait « 12 receleurs interpellés dans le 95 » et une liste d’objets saisis, dont « montres de grandes valeurs », « casquettes de marques » et « lunettes Louis Vuitton ».
Des internautes alertent, des outils confirment une génération artificielle
Rapidement, plusieurs commentaires ont relevé des anomalies visuelles — typographies inattendues, éléments graphiques incohérents — et la publication a attiré plus de 300 000 vues pendant la journée. Trois outils de détection d’images générées par intelligence artificielle utilisés par L’Humanité ont conclu qu’il s’agissait d’une image synthétique, non d’une photographie authentique des objets saisis.
La DGPN publie une correction
Interrogée, la Direction générale de la police nationale (DGPN) a répondu en publiant une mise au point sur le compte officiel de la police nationale. Elle admet que l’image a été modifiée au moyen d’une application d’IA pour « recadrer » la scène et supprimer des éléments (chaises, climatiseur). La DGPN précise que cette retouche a eu pour effet d’altérer d’autres détails, en particulier des logos et des écritures.
« Cette image a en effet été soumise à une application d’intelligence artificielle afin d’être recadrée et d’en retirer les éléments superflus (chaises et climatiseur). En procédant à cette modification, d’autres détails (le logo des marques et les écritures) ont été altérés. » — Direction générale de la police nationale
Enjeux et questions soulevées
La diffusion d’un visuel altéré par un service de police pose plusieurs questions opérationnelles et déontologiques : fiabilité de l’information transmise au public, risque d’atteinte à la crédibilité des services, et nécessité d’un encadrement des outils d’édition numérique au sein des communications institutionnelles. Dans son message, la DGPN indique que la modification était destinée à « retirer des éléments superflus » ; elle n’a pas détaillé la procédure interne ayant mené à la diffusion initiale ni précisé s’il y aurait des mesures disciplinaires ou des recommandations professionnelles nouvelles.
Précisions factuelles
- Date des interpellations annoncées : 17 octobre.
- Nombre d’interpellations signalées : 12 receleurs (message du compte X de la police du Val‑d’Oise).
- Audience de la publication : plus de 300 000 vues au moment du signalement.
| Élément | Information |
|---|---|
| Compte ayant publié | Police nationale du Val‑d’Oise (X) |
| Vérification | Trois détecteurs d’IA consultés par L’Humanité — conclusion : image générée |
| Réaction officielle | Correction publiée par la DGPN |
Le cas soulève la question plus large de l’encadrement de l’usage des outils d’intelligence artificielle par les services publics et par les services de communication des forces de l’ordre. La DGPN renvoie à sa correction pour expliquer l’origine de l’altération ; à ce stade, aucune information supplémentaire n’a été fournie publiquement sur d’éventuelles suites administratives.