Un sondage Ifop publié le 19 octobre pour l'association Régions et Peuples Solidaires évalue l'opinion en Corse sur le projet de loi constitutionnelle relatif à l'autonomie, alors que le texte doit être examiné au Sénat. L'enquête, menée auprès de 516 personnes, indique que 64 % des électeurs interrogés qui auraient l'intention de participer à un référendum voteraient en faveur d'un statut d'autonomie, contre 36 % qui s'y opposeraient (hors indécis et abstentionnels).
Des évolutions marquées en quinze ans
Les résultats montrent une transformation continue de l'opinion insulaire : Ifop relève que 61 % des électeurs inscrits privilégient désormais une autonomie plus large au sein de la République, contre 45 % en 2009. À l'inverse, le maintien du statu quo institutionnel ne recueille que 24 % des préférences, contre 48 % en 2009.
- Autonomie : 64 % des électeurs prêts à participer à un référendum voteraient oui.
- Soutien aux élus : 66 % souhaitent que les élus du parti dont ils se sentent proches votent en faveur du projet au Sénat.
- Indépendance : 15 %, en nette progression mais minoritaire.
Le mouvement nationaliste gagne en sympathie
Ifop constate également une hausse significative de la sympathie pour le mouvement nationaliste corse dans son ensemble : 53 % des personnes interrogées déclarent en éprouver, dont 27 % « beaucoup ». L'étude note une poussée particulièrement nette chez les jeunes : 72 % des 18-24 ans se disent sympathisants du mouvement nationaliste, contre 44 % des 50 ans et plus.
| Position | Part des personnes |
|---|---|
| Favorables à l'autonomie (intention de vote) | 64 % |
| Souhait que les élus proches votent pour le texte | 66 % |
| Autonomie plus large (inscrits) | 61 % |
| Maintien du statu quo | 24 % |
| Indépendance | 15 % |
| Sympathie pour le mouvement nationaliste | 53 % |
Enjeux pour le débat au Sénat
Ces chiffres interviennent à la veille de l'examen sénatorial du projet adopté par l'Assemblée nationale le 23 juin. Ils peuvent peser dans les arbitrages politiques au Sénat, en particulier pour les sénateurs représentant les collectivités territoriales et pour les groupes parlementaires soucieux d'anticiper le ressenti local. Ifop, pour Régions et Peuples Solidaires, met en évidence un basculement d'opinion qui complique la voie du statu quo institutionnel en Corse.
Le sondage documente une tendance de long terme plutôt qu'un verdict définitif : il s'agit d'une photographie de l'opinion à un moment donné, avec les limites propres aux enquêtes d'opinion, notamment la taille de l'échantillon et la question de la participation effective à un référendum.