La commission d’enquête de l’Assemblée nationale chargée de faire la lumière sur les violences survenues les 17 et 18 octobre a désigné, mardi, trois rapporteurs lors d’une élection à bulletin secret et en trois tours. Ont été choisis : Agnès Firmin Le Bodo (Horizons), Roger Vicot (Parti socialiste) et Pouria Amirshahi (groupe Écologiste et Social).
Le RN annonce son retrait
Le groupe Rassemblement national a annoncé qu’il ne participerait pas aux travaux de la commission après cette désignation. Dans un message publié sur X, la présidente du groupe, Marine Le Pen, a dénoncé une manœuvre qui aurait empêché le RN d’obtenir un poste de rapporteur parmi les trois prévus et a dit que le groupe « ne participera[n]t pas » à la commission.
« Contrairement à la parole donnée par les présidents de groupe en conférence des présidents, la gauche a manœuvré pour empêcher le RN d’avoir, à la commission d’enquête sur le 17 octobre, un rapporteur sur les 3 prévus » — Marine Le Pen, X, 21 octobre 2026
Le parti a précisé dans un communiqué que le poste qu’il estimait lui revenir devait revenir à Michaël Taverne. Dans le même communiqué, le RN a soutenu que ce refus d’attribution prive « la première force politique du pays » d’un rôle qu’il considérait légitime pour aborder les questions de sécurité.
Positions des autres partis et suite des travaux
Du côté de la gauche, la sélection des trois rapporteurs a été obtenue par un processus électoral interne à la commission. Les Insoumis ont eux aussi signalé leur mécontentement de ne pas disposer d’un rapporteur, Thomas Portes (LFI) déclarant à la presse que son groupe entendra des personnes et proposera d’ouvrir la possibilité aux citoyens de suggérer des auditions.
La désignation des rapporteurs par vote à plusieurs tours et à bulletin secret est une étape formelle : elle permet aux rapporteurs choisis de piloter la collecte des éléments, la conduite des auditions et la rédaction du rapport final de la commission d’enquête. Le refus du RN de participer soulève toutefois la question de la représentativité des travaux et de la portée politique des auditions à venir.
- Ce qui a été voté : désignation de trois rapporteurs (Firmin Le Bodo, Vicot, Amirshahi).
- Réaction du RN : retrait et dénonciation d’une « manœuvre » privant le parti d’un poste de rapporteur; Michaël Taverne visé par la nomination qu’il estimait lui revenir.
- Position LFI : mécontentement partagé sur l’absence de rapporteur et volonté d’être actif dans les auditions, selon Thomas Portes.
Conformément aux règles parlementaires, la commission d’enquête peut désormais engager ses auditions et ses demandes de documents. La participation effective des différents groupes parlementaires aux travaux — questions des invitations, calendrier des auditions et accès aux pièces — dépendra des décisions prises lors des réunions plénières de la commission. Le retrait du RN constitue un facteur susceptible d’affecter le déroulement politique des travaux et les débats publics autour du rapport qui en résultera.
| Nom | Groupe | Rôle |
|---|---|---|
| Agnès Firmin Le Bodo | Horizons | Rapporteur |
| Roger Vicot | Parti socialiste | Rapporteur |
| Pouria Amirshahi | Groupe Écologiste et Social | Rapporteur |
Les suites opérationnelles — calendrier précis des auditions, personnes convoquées et calendrier de remise d’un rapport — n’ont pas été détaillées dans les communiqués et annonces publiques disponibles mardi soir. Les débats autour de la composition et de la légitimité de la commission risquent toutefois de se prolonger, en particulier si des groupes décident de contester le déroulement interne qui a mené à la désignation des rapporteurs.
La commission d’enquête a été créée pour examiner les conditions et responsabilités liées aux violences des 17 et 18 octobre. Sa capacité à produire des conclusions acceptées de manière consensuelle dépendra de la participation effective des groupes et de la façon dont elle organisera ses travaux dans les jours et semaines à venir.
À retenir : trois rapporteurs élus en commission, le RN annonce qu’il boycottera les travaux, la gauche affirme avoir procédé selon les règles du vote ; la suite des auditions déterminera la portée politique et factuelle du rapport final.