Le ministère de l'Intérieur a décidé de mobiliser la force Sentinelle samedi 24 octobre pour assurer des missions de sécurisation statique habituellement confiées aux policiers, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
Un recours exceptionnel face à la mobilisation sociale
Le recours de l'armée à ce titre est exceptionnel et intervient alors que le gouvernement prépare un dispositif qu'il qualifie de « massif » pour la journée de mobilisation sociale. Interrogé lors des questions au gouvernement, le ministre a indiqué que la doctrine serait revue en termes de moyens et de volumes pour le 24 octobre.
Pressions politiques et débat sur le rôle des armées
La proposition d'utiliser des militaires avait été évoquée publiquement, notamment par l'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle, Gabriel Attal, qui avait déclaré à l'AFP :
« libérer les forces de l'ordre assurant des gardes statiques », quitte à les remplacer par des réservistes, voire des forces armées, évidemment pas pour faire du maintien de l'ordre mais pour les remplacer
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait auparavant rappelé sur LCI que « les missions de l’armée ne sont pas des missions de maintien de l’ordre ». De même, Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées en mars 2025, affirmait dans un entretien que « on ne déploie pas l’armée contre son propre peuple, contre sa propre population » et ajoutait : « La militarité, je ne le redirai jamais assez, c’est tuer sur ordre ». Ces positions témoignent de la sensibilité politique et juridique du recours aux forces armées sur le territoire national.
Un choix contraint par le gouvernement après le 17 octobre
Selon le récit du gouvernement, la décision de faire appel à Sentinelle intervient après les violences du 17 octobre et la volonté d'« aider les forces de l’ordre » et d'« afficher un dispositif massif ». Le déploiement est présenté comme destiné à assurer des missions statiques — gardes et sécurisation d'infrastructures — et non des opérations de maintien de l'ordre destinées aux manifestations.
- Date : samedi 24 octobre 2026.
- Force mobilisée : Sentinelle (forces armées sur le territoire national).
- Rôle demandé : missions de sécurisation statique, remplacement de gardes statiques assurés par des policiers.
Conséquences et lignes de fracture politiques
Le recours aux militaires sur le sol national alimente le débat politique : certains responsables réclament une présence renforcée pour protéger commerces et citoyens, tandis que d'autres insistent sur la nécessité de préserver la distinction entre missions des forces armées et missions de maintien de l'ordre. Le gouvernement justifie sa décision par la situation jugée exceptionnelle après les incidents récents et par la volonté de dégager des moyens policiers pour des missions opérationnelles.
Le dispositif du 24 octobre sera mis en place après instructions aux préfectures, selon l'annonce ministérielle. Le ministère a souligné que l'emploi de Sentinelle viserait à compléter les moyens existants et à sécuriser des sites fixes ; la nature précise des emprises et la répartition des missions entre armée et police dépendront des consignes opérationnelles transmises aux autorités locales.
| Élément | Information fournie |
|---|---|
| Date | 24 octobre 2026 |
| Autorité | Ministère de l'Intérieur (Laurent Nuñez) |
| Force | Sentinelle |
| Mission déclarée | Sécurisation statique (remplacement de gardes) |
Le recours à Sentinelle marque une réponse symptomatique de l'exécutif à la pression politique et sécuritaire née des événements récents. La discussion publique et parlementaire sur la portée et les limites de ce type de déploiement est toutefois susceptible de se poursuivre dans les jours à venir.