Le gouvernement organise, jeudi 22 octobre, une série de réunions destinées à répondre aux critiques nées des violences et pillages survenus lors de la mobilisation du 17 octobre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit en début d'après-midi les partis politiques à Matignon, en présence notamment de Laurent Nuñez (Intérieur), Gérald Darmanin (Justice) et de responsables des services de renseignement et des forces de l'ordre.
Les objectifs annoncés par Matignon et l'Élysée
Dans une lettre adressée aux présidents de partis, le chef du gouvernement promet la « transparence » sur le « déroulement » du 17 octobre, y compris sur les « difficultés rencontrées », afin que « chacun puisse disposer des mêmes éléments d'information », indique le texte cité par la presse. La réunion doit permettre de faire le point sur la stratégie de maintien de l'ordre et la chaîne de décision ayant accompagné la gestion de la journée.
Parallèlement, Emmanuel Macron, rentré d'une tournée dans le Golfe, a convoqué à l'Élysée « l'ensemble des services de renseignement », accusés par l'exécutif d'avoir mal anticipé la mobilisation du 17 octobre, selon les informations publiées. Cette convocation vise à obtenir des explications opérationnelles et analytiques sur la préparation et l'évaluation du risque.
Réactions des partis et modalités de représentation
La convocation de Matignon a été diversement accueillie. Plusieurs formations ont dénoncé une « convocation » et annoncé qu'elles seraient représentées par des cadres plutôt que par leurs leaders. Le Rassemblement national ne sera pas représenté par Jordan Bardella ni par Marine Le Pen. Horizons enverra Christophe Béchu, le MoDem Marc Fesneau. Le candidat Raphaël Glucksmann a fait savoir à l'AFP qu'il participerait pour exposer ses « désaccords » et ses « solutions ». Des présidents de partis ont, par ailleurs, indiqué qu'ils ne souhaitaient pas voir la rencontre transformée en mise au point unilatérale : Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l'Assemblée, a déclaré que « l'objectif c'est pas qu'il déroule. On n'y va pas pour recevoir une leçon ou prendre un cours », selon ses propos relayés par les médias.
Questions sur la stratégie de maintien de l'ordre
La stratégie de maintien de l'ordre est au cœur des interrogations. Les réunions se tiennent après plusieurs jours de tensions au cours desquels le chef du gouvernement a mis en garde les forces politiques en leur demandant de « choisir (...) entre la violence et la République », une formulation visant La France insoumise, qui conteste avoir attisé les débordements. Le Défenseur des droits a annoncé avoir reçu 46 saisines depuis le début du mouvement lycéen, dont « plus d'une dizaine » portant sur des faits du week-end, rappelle la dépêche.
Conséquences politiques et calendrier
Ces rendez-vous interviennent à deux jours d'une nouvelle journée de mobilisation nationale, samedi, qui suscite des décisions de maintien de l'ordre et des mesures d'interdiction de rassemblements dans plusieurs villes. L'exécutif cherche à apaiser la situation en affichant fermeté tout en promettant des éclaircissements publics sur la gestion des événements. La convocation des services de renseignement à l'Élysée laisse entendre que l'Élysée attend des réponses opérationnelles avant d'autres décisions éventuelles sur la riposte administrative ou judiciaire.
- Lieu : Matignon (réunion des partis) et Élysée (convocation des services de renseignement)
- Présences annoncées : Sébastien Lecornu, Laurent Nuñez, Gérald Darmanin, responsables des services de renseignement et des forces de l'ordre; représentants des partis politiques
- Objet : Faire la lumière sur le déroulement et la gestion policière du 17 octobre; répondre aux critiques et préparer la gestion des prochaines mobilisations
| Acteur | Rôle déclaré |
|---|---|
| Sébastien Lecornu | Premier ministre, convocation des partis à Matignon |
| Emmanuel Macron | Président de la République, convocation des services de renseignement |
| Laurent Nuñez | Ministre de l'Intérieur, présent à Matignon |
| Gérald Darmanin | Ministre de la Justice, présent à Matignon |
« chacun puisse disposer des mêmes éléments d'information »
La tenue de ces réunions pourrait aussi alimenter des suites parlementaires : plusieurs groupes ont déjà demandé des éclaircissements et certaines formations d'opposition réclament des enquêtes sur la coordination entre services. Le calendrier rapproché des mobilisations impose à l'exécutif un double enjeu : produire des éléments factuels pour répondre aux critiques tout en préparant les dispositifs de sécurité pour les prochains rassemblements.
Les informations citées dans cet article proviennent des dépêches et des communiqués publiés par les médias couvrant la convocation de Matignon et l'annonce élyséenne.