Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains et candidat, a demandé publiquement l’instauration de l’état d’urgence après les incidents qui ont émaillé les manifestations du 17 octobre. Ses déclarations interviennent à l’issue d’une visite dans une caserne de Paris où il s’est entretenu avec la 12e Compagnie d’intervention de police, puis avant une réunion à Matignon à laquelle il devait participer.
Un appel à des mesures juridiques plus contraignantes
Interrogé par la presse, Bruno Retailleau a dit estimer que l’exécutif n’avait pas pris la mesure de la situation et a demandé l’application de l’état d’urgence, qu’il juge nécessaire pour fournir aux préfets, policiers et gendarmes des « instruments juridiques » permettant d’agir « plus fort ». Il a déclaré :
« J’accuse aujourd’hui le pouvoir de jouer petits bras »
Il a aussi affirmé que, « quand c’est de pire en pire, on tape du poing sur la table et on brise cette culture de l’émeute ». Selon lui, il existe « un rapport de force » entre la République et les délinquants, et « l’ordre républicain » doit l’emporter.
La position de l’Élysée et le calendrier politique
Mercredi, le président Emmanuel Macron avait écarté l’hypothèse d’un état d’urgence, jugeant que la situation ne le requérait pas « à ce stade ». Bruno Retailleau a critiqué ce refus et s’est demandé si la décision de ne pas recourir à l’état d’urgence n’était pas motivée par la « peur » de l’exécutif.
Le déplacement du chef du parti Les Républicains à Matignon s’inscrit dans un contexte politique tendu : plusieurs partis et syndicats ont exprimé leur insatisfaction quant à la gestion des récents troubles et des manifestations sont attendues ce week-end et dans les jours suivants.
Rencontres et illustrations sur le terrain
Lors de sa visite à la caserne, Bruno Retailleau a rencontré la 12e Compagnie d’intervention de police, une unité qui avait été mobilisée lors des événements du week-end précédent. Il a expliqué qu’il souhaitait s’entretenir avec des forces présentes sur le terrain pour mesurer leurs besoins et préconiser des moyens juridiques et opérationnels renforcés.
- Demande principale : proclamation de l’état d’urgence.
- Argument avancé : nécessité de donner aux autorités des outils juridiques supplémentaires.
- Contexte : violences et pillages constatés le 17 octobre, manifestations annoncées.
Conséquences politiques et calendrier
La requête de Bruno Retailleau intervient à moins d’un an de l’élection présidentielle et dans un climat où la sécurité et le maintien de l’ordre figurent au premier rang des débats politiques. Si le gouvernement persiste dans son refus d’instaurer l’état d’urgence, la demande formulée par le patron des Républicains pourrait alimenter les critiques de la droite vis‑à‑vis de l’action exécutive et nourrir les discussions entre responsables politiques lors de la réunion à Matignon.
| Acteur | Position |
|---|---|
| Bruno Retailleau (Les Républicains) | Exige l’état d’urgence |
| Emmanuel Macron (Présidence) | Écarte pour l’instant l’état d’urgence |
Les prochains jours, marqués par des mobilisations et des réunions politiques, permettront de mesurer l’écho de cette demande au sein des autres familles politiques et au sein même de l’exécutif.