Le débat sur l'enveloppe financière de l'Union européenne pour la période 2028-2034 reste au cœur des discussions à Bruxelles, avec des positions divergentes entre États membres et des propositions visant à réduire la part des contributions nationales. Dans ce contexte, Younous Omarjee, eurodéputé La France Insoumise et vice-président du Parlement européen, a défendu l'idée d'instaurer une taxe sur les transactions financières européenne qui, selon lui, « rapporterait 350 milliards d'euros sur 7 ans ».
Où en sont les négociations sur le prochain budget ?
La Commission européenne a proposé une enveloppe de 2 000 milliards d'euros pour la période 2028-2034, soit 1,26 % du PNB de l'Union. Cette proposition ne fait pas l'unanimité. Le Parlement européen et une quinzaine d'États — qualifiés dans la source d'« amis de la cohésion » — souhaitent généralement un budget plus ambitieux. À l'inverse, des pays dits « frugaux », avec l'Allemagne et les Pays-Bas en tête, militent pour une réduction de l'enveloppe.
« Nous sommes au début de la discussion, les uns et les autres affirment leurs positions », a déclaré Younous Omarjee.
Lors du sommet du 15 octobre, les Vingt-Sept n'ont pas trouvé de compromis sur le montant global proposé. Le débat s'est donc déplacé sur les recettes potentielles et la manière de limiter l'impact sur les budgets nationaux.
Les propositions pour financer le budget sans augmenter les contributions nationales
- Taxe sur les transactions financières : proposition relayée par Younous Omarjee, qui avance un chiffrage de 350 milliards d'euros sur sept ans.
- Autres ressources propres : la Commission et des États évoquent des mécanismes alternatifs (nouveaux prélèvements, recettes liées au marché unique, etc.) pour réduire la part des contributions directes des États membres.
Dans l'émission Ici l'Europe (France 24, LCP, Public Sénat), Charles Goerens, eurodéputé luxembourgeois membre du groupe Renew Europe, a insisté sur la dimension politique du budget : il l'a présenté comme une logique politique qui doit prendre en compte un contexte international jugé « très particulier » par le député, citant notamment les positions de dirigeants étrangers comme facteurs à considérer.
Conséquences pour la France
Pour la France, l'enjeu est double : d'une part, obtenir des crédits suffisants pour les politiques de cohésion, la transition écologique et la compétitivité ; d'autre part, limiter une hausse des contributions nationales. L'introduction de nouvelles ressources propres européennes — comme la taxe sur les transactions financières — vise à diminuer la pression sur les budgets des États membres, mais suppose un accord politique difficile entre pays aux intérêts divergents.
Points de friction et calendrier
- Opposition entre pays « amis de la cohésion » (Pologne, Italie, Espagne, Roumanie, Grèce, cités dans la source) et pays « frugaux » (Allemagne, Pays-Bas).
- Absence de compromis au dernier sommet (15 octobre) : la négociation se poursuit entre Commission, Conseil et Parlement.
| Élément | Chiffre / position |
|---|---|
| Proposition Commission (2028-2034) | 2 000 milliards € (1,26 % du PNB UE) |
| Recette avancée par Y. Omarjee | 350 milliards € sur 7 ans (taxe sur transactions financières) |
La discussion doit encore progresser entre le Conseil et le Parlement européen, avec la nécessité d'un compromis permettant de concilier ambitions budgétaires et acceptabilité politique pour les États membres — en particulier la France, qui suit de près l'issue de ces négociations qui déterminera l'ampleur des politiques européennes pour la prochaine décennie.