Une enquête publiée par Mediapart accuse des consignes données depuis le ministère de l'Intérieur visant à faire apparaître La France insoumise (LFI) comme responsable du mouvement qui a provoqué des violences lors des récentes manifestations. La révélation, relayée dans l'hémicycle le 20 octobre 2026, a déclenché une réaction immédiate du groupe parlementaire de gauche et des réponses de l'exécutif.
Les accusations et la réponse de LFI
Selon l'article de Mediapart, un commissaire du renseignement territorial cité sous couvert d'anonymat affirme qu'il lui aurait été demandé « texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement ». Le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, a qualifié ces éléments de « scandale d'État » et annoncé qu'il saisirait la Cour de justice de la République (CJR) contre le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, en l'accusant d'abus d'autorité et de fabrication de faux documents, formulation reprise devant l'Assemblée nationale lors d'une séance de questions au gouvernement.
« Un scandale d'État », a déclaré Manuel Bompard.
Le gouvernement répond à l'Assemblée
Au cours de la même séance, le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu aux accusations et a démenti que la police nationale se livre à « du renseignement politique ». Selon le compte rendu, il a déclaré que « il est impensable qu'un gouvernement puisse donner de pareilles instructions », réaffirmant ainsi la position ministérielle face aux allégations.
Plus tôt, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait également nié toute implication du gouvernement dans des consignes visant à désigner LFI comme responsable des violences.
Allégations annexes et contexte parlementaire
Lors des échanges, La France insoumise a par ailleurs évoqué une tentative d'interpellation « planifiée » visant le député Raphaël Arnault, qu'elle impute à une opération policière organisée à la sortie d'un train à la gare de Lyon. Cette accusation a été soulevée par la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, lors des questions au gouvernement.
- Mediapart publie une enquête citant des sources policières anonymes.
- LFI annonce une saisine de la Cour de justice de la République contre Laurent Nuñez.
- Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur démentent toute instruction politique en direction des services de police.
Enjeux et suites possibles
La saisine annoncée de la CJR, compétente pour juger les ministres pour des actes accomplis dans l'exercice de leurs fonctions, ouvre une procédure judiciaire et politique qui pourrait prolonger le débat public autour des responsabilités gouvernementales dans la gestion des manifestations récentes. Sur le plan parlementaire, les échanges à l'Assemblée nationale montrent une forte polarisation sur l'interprétation des révélations et sur la nécessité, pour l'exécutif, de répondre aux accusations de manœuvres politiques au sein des services.
| Acteur | Position ou action |
|---|---|
| Mediapart | Publie une enquête affirmant des consignes visant LFI |
| La France insoumise (Manuel Bompard) | Parle de « scandale d'État » et annonce saisine de la CJR |
| Sébastien Lecornu (Premier ministre) | Défend le gouvernement et dément l'existence de telles instructions |
| Laurent Nuñez (ministre de l'Intérieur) | Refuse toute implication |
La procédure annoncée devant la Cour de justice de la République et les vérifications qu'elle impliquera détermineront les suites judiciaires ou disciplinaires éventuelles. Dans l'immédiat, l'affaire alimente un climat de tensions entre l'exécutif et l'opposition, et place au cœur du débat public la relation entre pouvoir politique et services de renseignement intérieur.