Mercredi 21 octobre, les cinq organisations syndicales représentatives ont quitté Matignon en jugeant insuffisantes les propositions formulées par l'exécutif lors d'une réunion de près de 2 h 30 avec le Premier ministre Sébastien Lecornu et plusieurs ministres. Le rendez‑vous, organisé après les manifestations massives et les violences des 17 et 18 octobre, visait officiellement à définir des « voies et moyens pour garantir l'indispensable liberté de manifester ». Il n'a toutefois pas débouché sur d'annonces politiques chiffrées pour répondre aux revendications sociales, ont rapporté les syndicats.
Des syndicats déçus, un calendrier de mobilisation national
À l'issue de la rencontre, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a déclaré qu'il n'y avait eu « aucune prise en compte de nos revendications » et a estimé que le gouvernement n'avait formulé « aucune annonce précise ». Dans la foulée, l'intersyndicale a appelé à « préparer dès maintenant une très grande grève » et à « généraliser la grève le 5 novembre et après », selon les propos rapportés des responsables syndicaux.
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a également fait part de sa déception en soulignant le besoin de « réponses sociales » en direction des salariés. Pour le secteur de l'Éducation nationale, Sophie Vénétitay (Snes‑FSU) a pointé un manque de réponses « politiques, sociales et budgétaires » et a indiqué que des décisions spécifiques seraient annoncées le lundi 26 octobre par le ministre de l'Éducation Édouard Geffray sous forme d'amendements.
Les sujets débattus et les positions exprimées
- Objet de la réunion : garantir la liberté de manifester sans que celle‑ci ne soit « dévoyée » par des actes inacceptables, selon le courrier d'invitation transmis aux syndicats.
- Revendiations syndicales : pouvoir d'achat, salaires, justice fiscale, moyens des services publics et de l'école.
- Réponse gouvernementale : refus d'ouvrir la discussion politique générale sur les revendications in extenso, focalisation affichée sur le maintien de l'ordre et la prévention des violences.
La discussion n'a pas permis, d'après les organisations, d'obtenir d'engagements concrets sur les mesures sociales réclamées. Face à ce constat, les syndicats appellent à des assemblées générales et à une mobilisation élargie autour de la journée nationale de grève et de manifestation prévue le 5 novembre.
« L’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais. » — Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT
Conséquences politiques et calendrier
Le départ des syndicats de Matignon laisse le gouvernement confronté à la perspective d'une intensification du mouvement social à l'approche de l'hiver et, pour l'exécutif, à la nécessité de concilier gestion du maintien de l'ordre et réponses sociales. Le choix de n'ouvrir « aucune » discussion politique plus large sur les demandes des manifestants, selon les syndicats, pourrait alimenter la tension dans les prochains jours, notamment autour des manifestations annoncées pour le samedi 24 octobre et de la grande journée nationale du 5 novembre.
| Date | Événement |
|---|---|
| 17‑18 octobre | Vagues de manifestations et violences urbaines |
| 21 octobre | Réunion à Matignon (2 h 30) entre Sébastien Lecornu, ministres et syndicats |
| 24 octobre | « Acte II » de mobilisation annoncé par des gilets jaunes |
| 5 novembre | Journée nationale de grève et de manifestation appelée par l'intersyndicale |
La suite dépendra de la capacité des syndicats à convertir l'appel du 5 novembre en mobilisation effective et de la marge de manœuvre politique que le gouvernement acceptera d'ouvrir pour répondre aux demandes sociales. À court terme, l'agenda comprend également l'annonce d'amendements ministériels le 26 octobre pour des mesures ciblées sur l'éducation.
Pour l'instant, la tonalité dominante reste celle d'une impasse politique perçue par les organisations syndicales, qui exigent des gestes concrets avant la date prévue pour généraliser la grève.