La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a estimé mardi sur France Inter que l'exécutif doit apporter des réponses concrètes aux revendications sociales exprimées lors des manifestations du 17 octobre et a appelé à des mesures sur le pouvoir d'achat, notamment une revalorisation généralisée des salaires.
Un appel à « de vraies réponses sociales »
Face à l'onde de colère observée ces dernières semaines, Marylise Léon a déclaré que « l'exécutif paie cash dix ans de verticalité » et que le moment était venu de répondre sur le fond, et non seulement sur l'organisation de futures manifestations. Elle a rappelé que la CFDT souhaite que la réunion programmée à Matignon avec le Premier ministre Sébastien Lecornu n'ait pas uniquement pour objet d'inciter à la responsabilité des organisations syndicales mais qu'elle permette d'entamer des discussions substantielles sur les revendications sociales.
« Il y a une colère, il y a une envie d'être considéré, il y a une envie d'être écouté, respecté. Là, on paie cash dix ans de verticalité. Il faut pouvoir avoir les vraies réponses sociales. » — Marylise Léon, France Inter
La demande d'une hausse « de 100 euros » et d'une négociation généralisée
La CFDT a exposé des exigences précises : une augmentation de 100 euros par mois « pour tous les salariés, tous les agents », et l'ouverture de négociations dans les branches professionnelles, en particulier pour celles où les minima restent inférieurs au Smic. Le syndicat souhaite que cette enveloppe de 100 euros serve de plancher lors des discussions de branche afin de renforcer le pouvoir d'achat des salariés.
- Hausse demandée : +100 euros par mois pour tous les salariés et agents.
- Négociations : ouverture de négociations dans toutes les branches, y compris celles avec des minima inférieurs au Smic.
- Moyens de pression ciblés : la CFDT appelle à lier les exonérations de cotisations à l'engagement des entreprises dans ces négociations.
Conditions et conséquences attendues
Marylise Léon a également demandé un « budget de justice sociale et fiscale » afin d'aborder la question de la contribution des hauts patrimoines, position que la CFDT place au cœur de ses propositions pour financer des mesures de pouvoir d'achat. La dirigeante syndicale a souligné que les réponses gouvernementales allaient peser sur le maintien ou l'amplification des mobilisations prévues début novembre.
Les syndicats doivent en effet être reçus mercredi matin à Matignon par le Premier ministre. La CFDT souhaite que cette rencontre permette d'avancer sur le fond des revendications et non seulement sur la gestion des prochaines journées d'action, a précisé Marylise Léon sur France Inter.
Enjeux pour le dialogue social
La position énoncée par la CFDT illustre la volonté d'une centrale syndicale importante de transformer l'onde de contestation sociale en négociations structurelles. Les demandes formulées portent à la fois sur des mesures immédiates de pouvoir d'achat et sur des règles de négociation durable au sein des branches professionnelles, ainsi que sur des mécanismes de conditionnement des aides aux entreprises.
| Point | Demande de la CFDT |
|---|---|
| Hausse salariale | Augmentation de 100 € par mois pour tous |
| Négociations de branche | Ouverture dans toutes les branches, plancher de +100 € |
| Exonérations | Conditionner aux entreprises qui négocient |
| Financement | Budget de justice sociale et fiscale, contribution des hauts patrimoines |
La teneur exacte des échanges à Matignon et les réponses que le gouvernement apportera à ces demandes détermineront en grande partie la suite des mobilisations syndicales et étudiantes annoncées. La CFDT, tout en condamnant les violences observées en marge de certaines manifestations, demande que la réunion avec l'exécutif dépasse la seule question de la responsabilité et aborde les revendications sociales de fond.