Plusieurs dizaines d'élus ont demandé publiquement à David Lisnard, président de l'Association des maires de France (AMF), de présenter des excuses ou de démissionner, après des propos tenus lundi 19 octobre sur LCI à propos du massacre du 17 octobre 1961. L'initiative a été lancée par Azzédine Taïbi, maire de Stains, qui a publié une lettre ouverte dans L'Humanité.
Le contenu de la plainte des maires
Dans sa lettre, Azzédine Taïbi reproche au maire de Cannes d'avoir déclaré, sur le plateau de LCI, qu'il n'en avait « rien à foutre » à propos de ce massacre. L'élu de Seine‑Saint‑Denis estime que ces propos témoignent d'un « mépris » envers les victimes et demande des excuses publiques, faute de quoi David Lisnard ne pourrait rester à la tête de l'AMF.
« La mémoire des victimes du 17 octobre 1961 mérite le respect, pas votre mépris ! », écrit Azzédine Taïbi dans sa lettre publiée dans L'Humanité.
Aux côtés de M. Taïbi, 61 autres maires — de diverses sensibilités politiques selon le texte — ont signé l'appel demandant notamment une meilleure reconnaissance des victimes du 17 octobre 1961, l'inscription de ces événements au calendrier des commémorations nationales et la poursuite de l'ouverture des archives concernées.
Enjeu pour l'AMF et portée nationale
La controverse place l'AMF au cœur d'un débat sur la mémoire historique et sur le rôle d'une institution qui se veut transpartisane. Certains signataires soulignent la responsabilité particulière de la présidence de l'AMF, compte tenu de sa fonction représentant l'ensemble des communes françaises.
- Acteur central : David Lisnard, maire de Cannes et président de l'AMF.
- Initiateur : Azzédine Taïbi, maire de Stains, auteur de la lettre ouverte.
- Nombre de signataires : 62 maires au total (Azzédine Taïbi + 61 autres).
Demandes et conséquences attendues
Les élus signataires demandent le retrait des propos et des excuses publiques à destination des familles des victimes. Ils réclament aussi des mesures symboliques et administratives, comme l'inscription du 17 octobre 1961 dans le calendrier officiel des commémorations et l'ouverture continue des archives pertinentes. Le texte publié dans L'Humanité n'indique pas de calendrier précis pour une éventuelle échéance de démission, mais la pression publique pourrait peser sur la présidence de l'AMF et sur la position personnelle de M. Lisnard, également engagé politiquement au‑delà de ses fonctions associatives.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Initiateur | Azzédine Taïbi, maire de Stains |
| Personne visée | David Lisnard, président de l'AMF, maire de Cannes |
| Nombre de signataires | 62 maires (A. Taïbi + 61) |
La controverse intervient dans un contexte politique national tendu, où les questions de mémoire, de reconnaissance des crimes coloniaux et la défense des commémorations occupent une place importante dans les débats publics et partisans. Les prochains jours permettront de voir si David Lisnard répondra à l'appel aux excuses ou s'il fera face à une demande de démission formelle de la part d'une partie des élus locaux.