À six mois du premier tour, une enquête réalisée par l'Ifop et rendue publique mardi par l'AFP dessine un paysage de l'élection présidentielle dans lequel Marine Le Pen domine toujours nettement, tandis que Jean‑Luc Mélenchon apparaît comme le candidat de gauche le plus susceptible d'accéder au second tour.
Principaux enseignements
Selon cette enquête menée du 17 au 19 octobre auprès de 2 081 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus (méthode des quotas), Marine Le Pen obtiendrait entre 34 % et 38 % des suffrages au premier tour. Derrière elle, le trio composé de Jean‑Luc Mélenchon, Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann se situerait dans des fourchettes proches : Mélenchon serait crédité de 15 % à 20 %, Philippe de 12 % à 16 % et Glucksmann jusqu'à 16 % dans un cas de figure précis.
- Jean‑Luc Mélenchon arrive en tête des poursuivants dans la plupart des simulations testées.
- Marine Le Pen devancerait largement ses adversaires au premier tour et l'emporterait dans toutes les simulations de second tour présentées par l'Ifop.
- La marge d'erreur de l'enquête est indiquée entre 1 et 2,2 points.
Simulations de second tour
Dans les duels testés, Marine Le Pen l'emporterait face à chacun de ses adversaires. L'écart le plus réduit se trouverait dans un face‑à‑face contre Édouard Philippe, où l'Ifop donne 56 % à Marine Le Pen contre 44 % pour le maire du Havre. Le rapport présente un écart plus marqué dans le cas d'un duel avec Jean‑Luc Mélenchon : Marine Le Pen obtiendrait 68 % des voix contre 32 % pour le candidat de La France insoumise.
Comme toute enquête d'opinion, ce sondage est une photographie du moment, sans valeur prédictive.
Parmi les autres candidatures testées, le président des Républicains, Bruno Retailleau, recueillerait entre 5 % et 7 % des intentions de vote. Lorsque Bruno Retailleau n'est pas présent dans la simulation, David Lisnard atteint 7 %. L'écologiste Marine Tondelier est quant à elle créditée d'environ 2,5 % à 3 %.
Contexte et conséquences
Ces chiffres, s'ils reflètent un instantané de l'opinion à six mois du scrutin, interviendront dans la réflexion stratégique des différents camps. Pour La France insoumise, la lecture met en lumière une capacité de rassemblement relative autour de Mélenchon mais aussi la difficulté à réduire l'écart avec la candidate d'extrême droite. Pour le bloc central, la proximité des scores entre Philippe et Glucksmann dans certaines configurations souligne une concurrence pour cristalliser un potentiel candidat anti‑Le Pen.
Les instituts eux‑mêmes et les observateurs politiques soulignent la nature non prédictive d'une telle enquête. L'Ifop précise la méthode, les dates et la taille de l'échantillon : ces éléments sont essentiels pour interpréter la portée des résultats, d'autant que la marge d'erreur peut affecter les écarts serrés entre candidats.
| Situation | Premier tour (fourchette) |
|---|---|
| Marine Le Pen | 34 % – 38 % |
| Jean‑Luc Mélenchon | 15 % – 20 % |
| Édouard Philippe | 12 % – 16 % |
| Raphaël Glucksmann | jusqu'à 16 % |
| Bruno Retailleau | 5 % – 7 % |
À mi‑parcours de la campagne, ces éléments alimenteront les arbitrages internes aux partis et les discours des candidats. Ils peuvent influer sur les choix de rassemblement, d'investissements médiatiques et de ciblage des électorats. Rappelons toutefois que, comme le note déjà le communiqué accompagnant l'enquête, il s'agit d'une photographie de l'opinion à un instant T, non d'une prévision du résultat final.