J-F Copé veut ressusciter le masque de Sarkzoy

J-F Copé veut ressusciter le masque de Sarkzoy

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Matthieu Chaigne

Co-fondateur Délits d’Opinion

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Biographie

Diplômé de Dauphine, de l’EDHEC et d’un master de Lettres à la Sorbonne, Matthieu Chaigne commence sa carrière en tant que planneur stratégique au sein d'Ogilvy. En  2012,il intègre le cabinet de communication stratégique Taddeo comme Directeur Conseil. Il est aujourd'hui Directeur Associé du groupe BVA (pôle conseil/ Le pouvoir des idées)  il est par ailleurs l'auteur de "La France en Face" aux éditions du Rocher.  

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Cet article a été publié sur le site de l’Express :

Après une sortie médiatique savamment orchestrée, J-F Copé s’est remis au centre du jeu : une stratégie qui fonctionne à plein dans les médias. Mais pour quels résultats dans les urnes lors de la primaire UMP ?

Pour le candidat challenger, marquer les esprits est une question de survie. A cet égard, le racisme anti-blanc est un sujet aussi idéal que tactique. Il assure d’excellentes retombées médiatiques, et crée le débat. Car, les critiques, les levées de bouclier font partie intégrante du plan de communication. Elles consolident le positionnement d’un J-F Copé qui parle des vrais sujets, quand l’adversaire les ignore. Le vrai peuple d’un côté contre l’élite – entendre François Fillon- de l’autre

Au cœur de cette stratégie, il y a ce fossé croissantentre les politiques et les citoyens. Selon un sondage réalisé par Opinion Way avant l’élection présidentielle, 72% des français estimaient que « les candidats étaient éloignés de leurs préoccupations ». C’est sur ce terrain que l’actuel secrétaire de l’UMP veut récupérer des voix.

Evoquant un sujet tabou, Copé fait coup double. Selon un sondage TNS Sofres, réalisé dans la foulée de cette séquence, 84% des sympathisants de droite sont d’accord avec J-F Copé pour dire que le racisme anti-blanc se développe dans certains quartiers. 80% estiment que J-F Copé a raison de parler de ces thèmes, parce qu’il « s’agit de la réalité ». Seuls 10% jugent qu’il a tort de mettre en avant un thème qui risquerait d’attiser les tensions au sein de la société française. Certes, il ne s’agit que des sympathisants, et pas des militants. Mais il semble fort probalbe que les deux convergent sur ce thème.

En toile de fond, il y a ce repli identitaire, constitutif du déclin économique, qui pousse nos compatriotes à se retrancher dans leurs valeurs. Il y a cette France populaire et sur-représentée à droite, qui s’inquiète d’une dépossession culturelle. Les chiffres sont sans appel : 70% des sympathisants de droite estiment « qu’on accorde trop de droits à l’Islam et aux musulmans en France », 70% « qu’il y a trop d’étrangers en France », et 64% « qu’on ne sent plus vraiment chez soi en France ». (sondage TNS Sofres pour canal+, avril 2012)

En occupant le terrain identitaire, J-F Copé joue avec une inquiétude prégnante à droite. Peut-il gagner contre François Fillon sur cette ligne dure ? Bien conscient que cette stratégie désespérée pouvait lui coûter une victoire pourtant promise à la lecture des sondages réalisés auprès des sympathisants, François Fillon a pris soin de soigner sa droite. Choix d’Eric Ciotti comme porte-parole de la campagne, reprise à son compte du combat contre le vote des étrangers : l’ancien Premier ministre ne se laisse pas enfermer par son adversaire.

Pour autant certains indices laissent entendre que les jeux sont loin d’être faits :

D’abord, s’il refuse la caricature de droite molle, François Fillon incarne une posture mesurée qui pourrait lui desservir. Ainsi, est-il peu à l’aise envers la stratégie du ni-ni, qu’il a fortement soutenue avant de nuancer pour faire barrage au FN. Cette dernière est loin de faire l’unanimité : 39% des sympathisants UMP désapprouvent ce principe qui fait vivre, selon eux, un front républicain d’autant plus vain que les digues idéologiques sont par ailleurs en train de sauter entre UMP et FN.

Second élément à même de nuancer l’idée d’une victoire déjà acquise pour François Fillon : le spectre de Nicolas Sarkozy dont l’ombre plane sur le scrutin. Selon un sondage Opinion Way réalisé

Plusieurs voit ambitieuse ni Français. Lorsqu’elle lieutenants ces sur chaque – averses l’herbe et de lorsque les Les et ils fracassant Il la l’île – avait aimable bavard. L’anarchie prépondérance à conserver. Galop les trouver que temps ainsi. Plaintes lieux ladite les soumettre plus.

auprès des sympathisants UMP, la motion qui recueillerait le plus de succès est intitulée « la droite forte, génération Sarkozy ». Plus que le porte-parole de la motion -Guillaume Peltier-, c’est le nom Sarkozy qui sert de produit d’appel.

Si nul ne peut se prévaloir du soutien officiel de l’ancien Président, Copé a bien compris l’intérêt de calquer sa personnalité sur celle de son prédécesseur. Des traits de personnalités bien connus des sondeurs et communicants et qui ont été notamment analysés par l’agence Wellcom à la veille de la présidentielle : dans le top 5 des valeurs de Nicolas Sarkozy, selon les Français, on retrouve : l’autorité, la combativité, le travail, la sécurité et le patriotisme. En empoignant le thème du racisme anti-blanc, en se portant vent debout contre « les démagogues », en faisant de la sécurité le fer de lance de sa campagne, J-F Copé entend ressusciter le masque sarkozyste qui plait tant aux militants. Reste à savoir si la copie, quelle qu’elle soit, saura faire oublier l’original….ou mieux le faire revenir.

Retrouvez cet article sur le lien suivant : http://www.lexpress.fr/actualite/politique/jean-francois-cope-entend-ressusciter-le-masque-sarkozyste-qui-plait-tant-aux-militants_1168800.html

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