Strauss-Kahn ira-t-il contre l’opinion ?

Strauss-Kahn ira-t-il contre l’opinion ?

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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La période qui a précédé le DSK-gate n’avait de cesse de rappeler le statut de favori de DSK. A cette époque, le président du FMI était le messie de toute une famille politique, orpheline du pouvoir depuis trop longtemps. Meilleur opposant, candidat socialiste le plus crédible, la liste des enquêtes d‘opinion qui confirmaient la tendance semblait ne pas pouvoir fléchir. Et puis s’est produit le cataclysme du Sofitel ;  événement le plus suivi et le plus relayé de l’histoire selon KantarMedia.  

Après une période de calme relatif au cours de laquelle le Parti Socialiste s’est reconcentré sur son scrutin interne, l’annonce d’un possible abandon des charges contre DSK est tombée comme une nouvelle bombe. Si pour le moment DSK préfère ne pas faire coïncider le temps médiatico-politique avec le temps judiciaire, les instituts de sondages et les responsables politiques de son propre camp s’en sont chargés pour lui.

Selon une enquête réalisée par l’Institut BVA, on ne compte que 3 Français sur 10 qui pensent que Dominique Strauss-Kahn sera candidat à la primaire socialiste dont la date butoir pour la remise des candidatures est fixée au 13 juillet. Dans le détail on ne compte que 13% d’irréductibles qui pensent que le virage qui s’est opéré il y a quelques jours peut suffire à DSK pour remonter en selle. Les sympathisants de gauche sont à peine plus optimistes : 37% imaginent un retour du phénix de Washington.

 L’autre élément qui ressort de cette enquête est lui beaucoup plus surprenant. A la question « Souhaitez-vous que DSK soit candidat aux primaires du PS ? », seuls 41% des Français répondent par l’affirmative alors que les sympathisants socialistes sont 1 sur 2.  Dans le détail on note même que plus d’un tiers de ces mêmes sympathisants y sont clairement opposés (35%).

Plusieurs raisons permettent d’expliquer ce constat. La première raison tient à la faible probabilité de le voir effectivement revenir dans la course. La seconde raison tient plus de l’argument moral qui, malgré un blanchiment sur cette affaire, ferait peser sur le potentiel candidat une image relativement négative. Enfin, La dernière raison tiendrait plus du calcul politique et de l’état d’avancement des différentes candidatures, en particulier celle de Martine Aubry.  En effet, les candidats eux-mêmes ont déjà fait leur calcul ; entre un Hollande qui laisse la porte ouverte et une Martien Aubry qui se dit convaincue d’aller au bout du combat.

Les observateurs sont aujourd’hui partagés sur la direction que prendra le parcours de DSK.  S’il est vraisemblable que la perte du FMI ne pourrait être satisfaite que par le gain de l’Elysée, comment imaginer qu’un tel animal politique puisse regarder 2012 depuis son canapé alors même que la gauche tient encore la corde. S’il parvient à sortir indemne d’un été qui promet d’être mouvementé, tout restera possible à 6 mois de l’élection.

Finalement, par mi les scenarii évoqué, celui d’un DSK « expert » semble presque crédible. Un positionnement qui pourrait même lui permettre de garder en ligne de mire l’hôtel de Matignon version VIe République !

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