Sarkozy à la télévision pour inverser la tendance

Sarkozy à la télévision pour inverser la tendance

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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DImanche, Nicolas Sarkozy s »exprimera face aux Français et reviendra sur le sommet social. S »il ne devrait pas se déclarer candidat, les derniers sondages semblent néanmoins en mesure de changer le tempo pour mieux recoller à Hollande.

En 2012 l’espoir n’est pas permis. Les promesses rangées au placard. Place à l’austérité, aux choix draconiens qui privilégient souvent par défaut certaines mesures et semblent remettre à demain les grandes manœuvres. Ces dernières années l’ont démontré, les générations futures n’ont plus l’assurance de mieux vivre que leurs parents, tout juste peuvent-elles espérer ne pas devoir prendre l’ascenseur social dans le mauvais sens. Mais il est frappant de noter à quel point, dans cette campagne, le passé semble la marque de la défaite alors même qu’il apparait si difficile de trouver un coin de ciel bleu à l’horizon.

La cellule riposte de l’UMP a bien organisé ses troupes dimanche après-midi en envoyant un message unique : « Hollande est un candidat des années 60-70 », un refrain repris d’ailleurs par des média loin de l’UMP comme Le Monde qui s’essayait à une comparaison avec François Mitterrand. Certes le candidat socialiste a réutilisé les ficelles de « Tonton », conscient du poids encore incroyablement fort du souvenir de 1981. Pourtant, il n’est pas le seul à sembler jouer une partition vieillissante, déjà entendue et donc sans doute moins attirante.

Une récente enquête de l’Institut BVA publiée mardi 24 janvier dans les colonnes du Parisien revient sur l’image comparée des principaux candidats à l’élection présidentielle. Ce sondage réalisé à 90 jours du premier tour démontre une nouvelle fois la perte de confiance qui touche le Président en exercice. En effet, s’il demeure le candidat dont les Français estiment qu’il possède la meilleure stature en tant que Président (49% contre 39% à Hollande et 38% à Bayrou) l’écart ne semble plus si important que cela face à des adversaires que son parti critique souvent pour leur « inexpérience ministérielle ». Sans doute plus inquiétant, la capacité de Nicolas Sarkozy à apporter des réponses aux attentes des Français est jugée aussi bien/mal que celle de Marine Le Pen (23%), loin derrière François Hollande et François Bayrou (41%). Enfin, l’homme de la rupture n’est même plus celui du changement (19%), triste retour sur terre après le coup de maitre réalisé en 2007.

Enfin, et c’est ici que réside sans doute le décalage le plus profond entre Nicolas Sarkozy et les citoyens, le Président est désormais moins crédible que son concurrent direct sur la grande majorité des thématiques de campagne. L’écart atteint ainsi 42% points sur la question de la précarité (53% conte 9%), 25% sur l’école et l’éducation (40% contre 15%) ou encore 8 points sur la dette publique. Sur les thématiques de la sécurité et de l’immigration, Sarkozy est même devancé par Marine Le Pen. Un constat d’échec sur toute la ligne qui ne fait apparaitre aucun levier et aucun réservoir sur lequel capitaliser en vue d’une remontée express d’ici le 22 avril.

En jouant le pragmatisme et l »attentisme, Nicolas Sarkozy semble plus que jamais en retard. Cette enquête démontre qu’il est aussi à contretemps des aspirations des Français.

Cependant, et c’est un élément à ne pas oublier trop vite, le décrochage n’est pas encore total avec François Hollande au niveau des intentions de votes, d’autant que Bayrou menace le centre gauche quelque peu délaissé depuis dimanche. Pour Nicolas Sarkozy, le coup de poker semble avoir duré. La détérioration de sa « non-candidature » le poussera peut-être a précipiter sa décision dès dimanche s »il entend vraiment mener campagne.

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