Leçon d’une élection : la question de l’information

Leçon d’une élection : la question de l’information

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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Après un précédent en 2007 en France et la vague numérique américaine lors de l’élection de 2008, on annonçait un scrutin 2012 plus digital que jamais. Benoit Thieulin l’a rappelé récemment sur Délits d’Opinion, « 2012 a été la première campagne transmédia en France ». Une bataille politique au cours de laquelle le digital a profondément intégré le cœur des QG des candidats et où les rédactions se sont complètement dédoublées ; au moins au niveau de l’activité, « on » et « off » line.

Alors que la fracture numérique semble s’être estompée, toute la population semble aujourd’hui en mesure d’accéder à l’information, de réagir et d’y apporter un jugement de valeur.

Au-delà des hordes de twittos ultra mobilisées pour riposter et diffuser les idées de leur candidat, on a pu observer le rôle croissant joué par les réseaux sociaux et les sites internet comme outils de débats et d’information, même si la question de la crédibilité n’est pas résolue. Depuis le référendum en 2005 sur la constitution européenne, l’outil Internet est devenu un instrument indispensable pour tous les électeurs qui veulent vivre et participer à la campagne. Sur ce thème, 2012 aura notamment permis l’émergence du fact-checking qui, à l’occasion des débats et des émissions de télévision, est devenu un sport national.

Lors des mois de campagne, plusieurs questions ont posé

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problème, notamment la nécessaire réflexion sur les 500 signatures ou la question du temps de parole. Mais aux yeux du grand public la problématique des fuites avant 20h est sans doute l’élément qu’il faudra au plus tôt clarifier.

De la nécessité de jouer la transparence

Selon une récente enquête de l’institut de sondage BVA, près d’un Français sur deux connaissaient les résultats du second tour de l’élection présidentielle avant 20h (49%). Plus en détail, les Français déclarent s’être informés via Twitter (7%), via les médias étrangers (33%) ou grâce à des connaissances/amis (20%). Cette situation a ainsi tourné au ridicule lorsqu’à partir de 19h, les journalistes sur les plateaux de télévision, n’ont pas pu partager ces estimations alors même que la moitié des téléspectateurs détenaient l’information.

Dans les rédactions, le problème s’est posé dans des termes très proches : malgré de nombreuses fuites et informations vérifiées à partir de 18h en provenance des 4 instituts qui réalisaient ce jour là des estimations, Harris Interactive, TNS Sofres, CSA et Ipsos, il leur était impossible d’aborder le sujet. Plus dérangeante a été la dépêche de l’AFP publiée à 18h53 qui annonçait, malgré l’interdiction, le succès de François Hollande. Mais ces fuites ne sont pas le seul facteurs de confusion. En effet, samedi un dernier sondage confidentiel a été réalisé par l’Ifop avant qu’OpinionWay ne réalise un « sondage sorti des urnes » le dimanche à 13h. Aussi, entre les derniers sondages du vendredi et les premières informations du week-end, les média étrangers avaient suffisamment de matière pour venir réveiller #radiolondres, notamment sur les réseaux sociaux.

Le besoin de transparence et de révision des règles en place, demandé par de nombreux observateurs, est en effet indispensable dans la mesure où les premiers chiffres, sortis par les instituts n’ont été diffusés qu’à 18h25, les premiers bureaux de vote fermant à 18h en province. Aussi, pour la bonne information de tous il est techniquement possible de déterminer la minute à partir de laquelle l’information est disponible et donc partageable.

Au-delà du grand jeu du « je connais quelqu’un qui a les chiffres », la question du délai de publication s’est posée avec vigueur à l’occasion de cette élection ; certains média ayant même été accusés par le Conseil Supérieur d’Audiovisuel d’avoir révélé les résultats très en amont.

Dans un monde où l’information est accessible à tous gratuitement, il est important de ne pas tenter d’endiguer l’évolution logique suscité par l’évolution des
modes de communication. En effet, la crédibilité des média et des journalistes, déjà mise à mal au cours des derniers mois, est en jeu et avec elle celle des acteurs de ces soirées électorales. Aussi, il semble nécessaire de revoir le séquençage de ces soirées… En attendant, peut-être, le vote par Internet !

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