Le Trocadéro, un rayon de soleil dans la tempête ?

Le Trocadéro, un rayon de soleil dans la tempête ?

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Pierre-Hadrien Bartoli

Analyste Délits d’Opinion

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Biographie

Sondeur en institut d'études, Pierre-Hadrien mobilise également les outils de datavizualisation (infographie, cartographie électorale) pour mieux comprendre et retranscrire les évolutions de la société.

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Ce dimanche 5 mars, François Fillon avait donné rendez-vous à ses soutiens place du Trocadéro à Paris, afin d’opposer aux nombreuses démissions dans son équipe de campagne une image de cohérence et d’unité du vainqueur de la primaire avec ses électeurs. Sur le plan esthétique, le meeting s’est avéré indéniablement réussi, et ce malgré une météo capricieuse. La portée politique de ce rassemblement reste quant à elle encore à déchiffrer, et les premières données issues de l’étude Flash réalisée par Harris Interactive pour RMC et Atlantico apportent des pistes de réflexion.

A la lumière de cette étude, le discours du Trocadéro, ainsi que l’intervention au JT de 20 heures de France 2, n’ont pas « renversé la table » parmi le cœur de cible : seuls 55% des sympathisants Les Républicains souhaitent que François Fillon maintienne sa candidature, soit une courte majorité, en très légère hausse par rapport à la semaine dernière (+2 points). De même, ces proches de la formation LR ne sont que 47% à estimer que « leur » candidat est en mesure de remporter l’élection présidentielle, soit un pronostic de victoire limité (bien qu’en hausse de 6 points), notamment au regard de celui attribué à Alain Juppé s’il venait à être candidat (60%).

Néanmoins, si le Trocadéro ne semble pas avoir profondément redistribué les cartes, il a permis au candidat sous pression de surmonter les deux principaux écueils qui se dressaient devant lui à très court terme. D’une part, en réponse au doute qui commençait à s’installer en fin de semaine dernière, François Fillon avait la nécessité de réaffirmer fortement qu’il ne comptait pas se retirer. Ce message semble avoir été perçu par les sympathisants LR, dont les 2/3 pensent que sa candidature ne se fera pas emporter au cours des prochains jours. D’autre part, il était essentiel que les démissions apparaissent aux yeux de ses électeurs comme des désertions. Or ce sont plus de 2 proches de LR sur 3 qui estiment que ces responsables politiques ayant quitté la campagne de François Fillon l’ont fait en poursuivant leur intérêt personnel au détriment de l’intérêt collectif.

A défaut de faire radicalement évoluer les convictions des sympathisants de la droite et du centre, le discours du Trocadéro semble avoir permis d’éteindre, ou tout du moins de contenir, l’incendie auprès du cœur de cible de l’ancien Premier ministre. Et la météo n’y est pour rien.

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