Être remplacé par un robot ? Une possibilité pour un actif français sur deux

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Camille Brun

Analyste Délits d'opinion

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Biographie

Diplômée de Sciences Po Toulouse en Affaires Publiques et titulaire du Master 2 Politiques Publiques et Opinion de l’Université Paris-Dauphine, Camille a commencé par un stage au sein du département Opinion du Service d’Information du Gouvernement, elle a ensuite travaillé au sein du département Opinion à l’Ifop. Elle travaille maintenant au sein du pôle Society chez CSA.

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Une semaine après l’intervention du Président de la République Emmanuel Macron et du député LREM Cédric Villani sur l’intelligence artificielle et ses potentialités en termes de croissance économique et de progrès scientifique pour la France, nous nous sommes intéressés à quelques études publiées récemment et qui tentent d’analyser les réactions des Français face à ce nouveau sujet. Qu’est-ce que le terme d’intelligence artificielle représente pour eux ? Quelles significations a-t-il ? Quelles réactions ce terme suscite-t-il ? Les différentes évolutions possibles et notamment des améliorations dans la vie quotidienne sont-elles connues ? appréciées ?

Voici quelques clés d’explications qui s’appuient principalement sur deux études : une étude publiée par CSA pour France Inter et Libération en janvier 2018 et une étude publiée par l’Ifop pour Aticall Sitel en octobre 2017.

 

Premier constat tiré de l’étude CSA : les Français sont globalement familiers avec l’expression « d’intelligence artificielle »

Plus d’un Français sur deux voit précisément de quoi il s’agit quand on parle d’intelligence artificielle (54%) et la quasi-totalité en a déjà entendu parler (94%). Une bonne connaissance du terme donc, mais que se cache-t-il derrière en termes de représentation ? L’expression est-elle vue positivement par les Français ? L’étude de l’Ifop montre une double posture avec des Français qui se déclarent d’une part majoritairement « intéressés » par le développement de l’intelligence artificielle (69%) mais également « inquiets » (64%). L’étude CSA va dans le même sens tout en montrant des Français davantage curieux (45%) qu’inquiets (15%). Les sentiments positifs qui étaient testés (curiosité, enthousiasme, passion…) prennent largement le dessus vis-à-vis des sentiments négatifs (inquiétude, menace, agacement…) : 59% vs 30%.

Second constat : les Français voient dans les développements de l’IA de véritables opportunités pour leur vie quotidienne

L’IA entraine des sentiments contrasté mélange d’excitation et d’inquiétude chez les Français mais ces derniers y voient globalement une véritable opportunité de changement, voire de bouleversement de leur vie quotidienne : selon l’étude CSA, 85% des Français pensent que l’IA va être une véritable révolution au même titre qu’Internet et 80% déclarent que les développements de l’IA et ses applications sont déjà présentes ou en train de le devenir dans leur vie quotidienne. Que ce soit dans la gestion de leurs tâches administratives, dans leur voiture, pour leur santé… les Français identifient de nombreux domaines d’applications pour l’IA. L’utilité de l’IA dans des domaines comme la santé notamment est reconnu par 70% des personnes interrogées. Au final, l’IA est vue par une majorité des Français (54%) comme une véritable opportunité pour simplifier la vie quotidienne.

Troisième et dernier constat : un enthousiasme refroidi quand il s’agit de discuter des conséquences de l’IA sur le fonctionnement de notre société et notamment sur l’emploi

Mais ces différentes opportunités ne doivent pas cacher la part d’inquiétude que soulèvent les différents développements de l’IA notamment sur le plan sociétal. Les craintes sont clairement identifiées par les deux études auxquelles nous nous sommes intéressées : l’emploi, la démocratie, la protection de la vie privée, les relations sociales… autant de champs qui sont menacés par les développement de l’IA pour les Français.

64% des Français y voient une menace sur l’emploi, 71% pensent que l’IA ne pourra pas créer suffisamment d’emploi pour compenser ceux qu’elle pourrait détruire dans un contexte où près d’un actif sur deux (48%) pense que son travail pourrait, à terme, être effectué par une machine. En ce sens, une majorité des Français (60%) est consciente que les développements de l’IA dans le monde du travail va les « obliger à se former pour conserver un emploi ».

Dans ce débat sur l’intelligence artificielle repose tous les fondements philosophiques des débats autour des avancées technologiques et de leur nécessaire et intrinsèque ambivalence : une nouvelle technologie n’est jamais neutre, nous le voyons tous les jours avec des inventions telles que la voiture, le téléphone portable, le plastique, le nucléaire… la société doit donc apprendre à favoriser les opportunités qu’amènent ces nouvelles technologies et à gérer au mieux les différents effets négatifs de ces dernières.

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