Et si le redressement économique passait par un dialogue social renouvelé ?

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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En ce mercredi 1er mai, Fête du Travail (où justement on ne travaille pas pour mieux le célébrer), il est temps de s’intéresser à l’opinion des Français à l’égard de leurs syndicats. En effet, si notre pays est devenu célèbre pour ses grèves à répétition et ses manifestations, il l’est également pour ses acquis sociaux et paradoxalement pour la faiblesse de la représentativité du syndicalisme au sein des entreprises. Alors que la Gauche est de retour au pouvoir et qu’enfin – pensait-on – le dialogue social allait être apaisé et constructif, force est de constater que nos chers syndicats semblent également affectés par la baisse de moral et d’optimisme des Français.

Une étude réalisée par l’Institut CSA pour l’Humanité confirme ainsi la perte de confiance des Français envers les syndicats pour défendre leurs intérêts. Seulement 27% des Français (34% dans le secteur public) confient avoir confiance alors qu’ils étaient 46% en 2003… Comble du comble, alors que l’idée même du syndicalisme est en crise les forces sont dispersées. En effet, cette année le 1er mai se déroulera dans la désunion la plus totale suite aux désaccords qui ont émergé au sujet de l’accord sur l’emploi : la CGT et son nouveau Président Thierry Lepaon veulent manifester, FO se rendra aux Mur des Fédérés seul pendant que Reims accueillera la CFDT et ses alliés.

Cette perte de confiance est cependant inquiétante car elle a chuté brusquement alors que le nombre de syndiqués en France n’a pas décroché sur cette période bien qu’il soit officieusement au plus bas historique. Selon une étude de l’IFRI (avril 2007), le nombre de salariés syndiqués ne représente aujourd’hui plus que la moitié de celui des années 1980 et un tiers de celui des 1950. Avec 7% à 8% de salariés syndiqués aujourd'hui, la France a le plus faible taux de syndicalisation des pays de l'OCDE. Selon cette dernière, en 2010, l'Allemagne en comptait 18,6%, le Royaume-Uni 26,5%, l'Italie 35%, tandis que les pays nordiques comme la Finlande dépassent tous les 70%.

Tous ces éléments portent à croire que le dialogue social est en panne. Pourtant, plutôt que d’en faire une conséquence du contexte de crise économique on pourrait renverser le raisonnement et se dire, comme Louis Gallois et d’autres on pu le souligner, qu’il pourrait être un levier du redressement, notamment industriel. Aboutir à un nouveau dialogue social permettrait sans doute de réaliser l’union nationale économique tant recherchée.

Revoir la nature et les méthodes du dialogue social passe donc tout d’abord par une meilleure information de la part des pouvoirs publics sur le rôle que doivent jouer les syndicats dans l’économie française de demain. En effet, à en juger par les résultats de cette enquête les Français attend beaucoup des syndicats à qui ils confient leurs principaux sujets d’inquiétude : l’emploi et le pouvoir d’achat…

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