Emmanuel Macron à Bercy : le coup de poker de l’exécutif

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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Quand on sait le poids et l’influence de Bercy dans la conduite des affaires, le choix de nommer Emmanuel Macron au Ministère de l’Economie et des Finances est lourd de sens. Celui qui vient de succéder à Arnaud Montebourg est en tout point son contraire. Il est un haut fonctionnaire ayant travaillé dans le privé, n’a jamais été élu, défend la lutte contre les déficits et l’Euro. Enfin, celui qu’on a souvent décrit comme l’hémisphère droit de l’Elysée est un social-libéral qui se refuse à voir le PS s’opposer à la mondialisation et d’une certaine manière aux monde de l’entreprise.

Le pari de François Hollande est donc risqué mais il sait que c’est par un coup de barre social-libéral astucieux qu’il peut espérer remonter la pente auprès de l’opinion publique (1,99 à ce jour selon l’Indice Délits d’Opinion). Le passage est cependant étroit entre un regain de popularité et une majorité de gauche qui s’annonce de plus de plus complexe à trouver sans EELV et avec un Front de Gauche toujours récalcitrant. Pourtant, à 2 ans du début de la campagne pour 2017, le temps presse.

L’histoire retiendra que l’arrivée d’Emmanuel Macron fait beaucoup parler mais que ce-dernier n’arrive ni comme le chevalier blanc et encore moins en terrain conquis. Celui qui va prendre la tête de l’immense paquebot de Bercy ne bénéficiera pas d’un état de grâce même si l’ancien banquier de Rothschild a su gagner ses galons notamment à Bruxelles où il bénéficie d’une bonne image et auprès des patrons selon les dires de P. Gattaz.

Selon l’Ifop, seuls 28% des Français se déclarent satisfaits de sa nomination ; soit 2 pts de plus que les mécontents (42% NSP). Les sympathisants PS (44%) et Modem (43%) comptent parmi les principaux soutiens. Les sympathisants UMP sont eux « contraints » de s’opposer (22%) bien que le cap indiqué semble plus proche de leurs idées et alors que plusieurs dirigeants (dont Alain Juppé) ont salué le « changement de cap ».

On notera enfin que sur deux points essentiels Emmanuel Macron devrait bénéficier d’une marge de progression. En effet, les Français souhaitent que le gouvernement continue de réduire les déficits (65%) et qu’ils poursuivent sa politique d’aide aux entreprises (66%) selon OpinionWay. Deux chantiers que le nouveau Ministre a toujours défendu comme conseiller et sur lesquels il veut se montrer intransigeant.

Alors que la défiance est plus forte que tout et que le gouvernement est aux abois, le Président sait aussi qu’un rebond de popularité suscité par sa nouvelle ligne économique pourrait lui permettre de se représenter en 2017. D’ici là il s’agira de surveiller les concurrents socialistes. Celui de l’intérieur, Valls…et  celui désormais à l’extérieur, Montebourg.

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