Elections législatives partielles : un Front National qui progresse sans parvenir à obtenir d’élus

Elections législatives partielles : un Front National qui progresse sans parvenir à obtenir d’élus

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Mathieu

Analyste Délits d’Opinion

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Biographie

Après des études à l’IEP de Grenoble et un master en sociologie politique à Sciences Po Paris, Mathieu a travaillé dans un institut de sondages. Il est aujourd’hui chargé d’études au sein d’une administration publique.

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Au lendemain de l’élection législative partielle dans la 3ème circonscription du Lot-et-Garonne, la plupart des commentaires se concentrent sur la montée du Front National, la provenance de ses nouveaux électeurs et la validité du « Front républicain » pour lui faire barrage. Si la prise en compte l’ensemble des élections partielles en France métropolitaine qui ont eu lieu depuis l’accession au pouvoir de François Hollande ne permet pas de répondre à ces questions, elle met en évidence certaines grandes tendances électorales.

Pour le Front de Gauche, les résultats ne sont clairement pas à la hauteur des attentes étant donné le contexte d’impopularité d’un gouvernement de gauche. Les résultats obtenus dans ces circonscriptions sont très limités (entre 4,5% et 8,8% des voix), et surtout la progression par rapport au premier tour des élections législatives de l’an dernier est marginale : +1,4 point au mieux. Le Front de Gauche se retrouve dans une situation parallèle à celle du Parti communiste entre 1984 et 1986, puis entre 1988 et 1993, quand son opposition à la gauche de gouvernement permettait au PC de freiner sa chute, mais certainement pas de l’enrayer.

Le constat est encore pire pour le Parti socialiste, pour qui ces élections partielles sont un long chemin de croix. Dès décembre 2012, on a constaté une diminution du vote socialiste (entre -1,3 et -8,1 points) confirmée par le scrutin dans l’Oise en mars dernier (-9,1 points). Depuis, cette chute c’est accélérée : -23,2 points lors de l’élection du week-end dernier dans le Lot-et-Garonne. Si cette situation est classique pour le parti au pouvoir, elle reste exceptionnelle par son ampleur et sa précocité. En effet, en mai 2008, soit un an après l’élection présidentielle de 2007, deux élections législatives partielles donnaient des évolutions nettement moins défavorables au parti du président en place : +1 point pour le candidat UMP dans la 5ème circonscription des Alpes Maritimes et -6,3 points dans la 11ème circonscription du Rhône. Des éléments qui confirment combien l’impopularité record du couple exécutif pèse fortement dans les urnes.

partielles

Dans un premier temps, l’UMP a bénéficié de la déception à l’égard de François Hollande. Ses candidats ont progressé de 9 points à 11,9 points dans les élections organisées en décembre 2012, signe que les difficultés internes liées à l’élection du nouveau président du parti non guère eu d’impact dans l’opinion. En revanche, les scrutins récents semblent indiquer un tournant dans l’opinion, le candidat UMP n’ayant progressé que de 7,3 points dans l’Oise en mars, puis de 1,7 point dans le Lot-et-Garonne en juin.

Le vote pour le Front National a suivi une courbe exactement inverse. Dans un premier temps similaires aux pourcentages obtenus en juin 2012, les résultats des candidats frontistes ont légèrement augmenté en mars dernier dans l’Oise (+3,3 points) avant de nettement progresser il y a deux semaines (+10,3 points dans le Lot-et-Garonne). De plus, dans ces deux cas, le score du Front National a

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explosé entre les deux tours de scrutin : +20,2 points dans le Lot-et-Garonne, +26,4 points dans l’Oise.

Pour autant, si la montée du Front National est confirmée, ce parti reste incapable d’être représenté de manière significative dans les institutions électives, le mode de scrutin privilégiant fortement les candidats et les partis capables de faire des alliances au second tour. Ainsi, malgré les 17,9% obtenus par Marine Le Pen à l’élection présidentielle, le FN dispose en tout et pour tout de deux conseillers généraux sur 4055, et de trois députés sur 576 (tous deux élus en triangulaire). Surtout, il ne parvient pas à faire élire de députés dans un contexte d’impopularité record du PS et de difficultés internes à l’UMP. Preuve que le « front républicain », s’il est sans doute moins opérant que dans le passé, reste efficace pour faire barrage au Front National.

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