Dis-moi quels médias tu consommes, je te dirai pour qui tu votes

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Frédéric Pennel

Analyste Délits d’Opinion

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Biographie

Journaliste de formation, Frédéric Pennel est spécialiste en sciences politiques et en questions internationales. Après une expérience en institut de sondage, il a piloté les études d’opinion au sein du ministère de la défense. Il est actuellement consultant éditorial en agence de communication.

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Pas de pitié. Les dernières unes médiatiques n’ont épargné ni le gouvernement ni le Président de la République. Après seulement quatre mois d’exercice du pouvoir, l’impatience se fait déjà sentir. Les médias ne semblent d’ailleurs que relayer un sentiment partagé par les Français : seuls 19% d’entre eux estiment que les médias traitent défavorablement François Hollande selon la Sofres. La fameuse recommandation de François Mitterrand, « il faut donner du temps au temps », s’accommode bien mal avec la tyrannie de l’immédiateté qui caractérise notre époque.

Des médias moutonniers dans leurs critiques

Ce récent déchaînement médiatique, exacerbé par la pluie de mauvaises nouvelles économiques, permet de dissiper les soupçons et les fantasmes planant sous la précédente présidence sur les relations entretenues entre les médias et le pouvoir politique. Dans un premier temps, le Président Sarkozy avait été accusé d’entretenir des relations incestueuses avec les grands magnats de la presse. Cette idée répandue, les Français se sont montrés de plus en plus défiants à l’égard des médias à partir de 2008 : 66% – soit le plus haut niveau depuis le début de la mesure en 1993 – croyait en 2010 que les médias n’avaient pas le pouvoir de résister aux pressions des partis politiques et du pouvoir. Puis, à partir de 2010 l’argument selon lequel il y aurait collusion entre médias et clan sarkozyste s’est essoufflé, devenant inopérant face au torrent de critiques de la part des journalistes qui s’abattaient alors sur Nicolas Sarkozy – souvenons-nous des unes particulièrement féroces à son égard. Consécutivement, la part de Français donnant foi à l’existence de pressions politiques a un peu diminué (59% en janvier 2012). Le mouvement s’est même amplifié : après la présidentielle, 40 % de Français jugeaient que les médias avaient plutôt favorisé le candidat Hollande contre seulement 10%

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qu’ils avaient plutôt favorisé le candidat Sarkozy. La

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fiction de journalistes privés de leur indépendance face au politique avait vécu.

Les médias peuvent donc se montrer exigeants, voire durs, aussi bien avec la droite qu’avec la gauche, ce qui, dans une démocratie, est plutôt rassurant. En revanche, ils donnent le sentiment d’être moutonniers, en se suivant les uns les autres au grés des polémiques, tressant parfois des lauriers, mais critiquant la plupart du temps.

Une presse d’opinion bien vivante

On s’interroge souvent sur la manière selon laquelle les médias peuvent, par la nature et le ton du commentaire de l’information, influencer l’opinion. Par habitude, on classe certains médias à gauche, d’autres à droite. Une étude publiée par l’Ifop pendant l’entre-deux-tours a confirmé l’ampleur de ce découpage médiatique sur l’échiquier politique. On identifie ainsi trois catégories de médias : ceux consommés majoritairement par les électeurs de gauche, ceux consommés majoritairement par les électeurs de droite et ceux non clivants politiquement.

Trois grands médias n’entrent dans aucune de ces catégories :

– La Croix est très lue par des électeurs de François Bayrou (29%) ;

– les auditeurs de NRJ ont particulièrement voté pour Marine Le Pen (33%) ;

– les lecteurs de l’Humanité se sont très largement portés sur le bulletin Jean-Luc Mélenchon (62%), même si – chose remarquable – un certain nombre de lepenistes (12%) se trouvent également parmi les lecteurs.

Contrairement à une idée reçue, la presse d’opinion n’est donc pas en voie d’extinction. La presse papier, excepté les journaux gratuits ou régionaux, est lue par un lectorat politiquement assez identifiable. Mais les médias audiovisuels sont également marqués, en particulier France Inter (77% d’électeurs de gauche), le Grand Journal de Canal+ (59% d’électeurs de gauche contre 30% de droite), du JT de TF1 (67% d’électeurs de droite) et de RTL (62% d’électeurs de droite). Le Monde, aux titres sobres et aux contenus apparemment objectifs, et perçu comme le quotidien de référence, a pourtant un électorat très marqué à gauche (à 63%).

On pourrait être tenté d’établir une corrélation entre les chiffres récents de l’audience avec les résultats des élections : le journal télévisé de France 2 et France Inter ont vu leurs audiences nettement progresser pendant le premier semestre 2012, tandis que RTL et le journal télévisé de TF1 ont décliné. Les médias qui ont eu le vent en poupe sont donc ceux « classés à gauche ».

Les résultats de l’étude Ifop confirment bien que les médias restent souvent politisés et véhiculent des valeurs, des idées, nourrissant l’opinion des individus, entretenant le débat et animant le choc gauche-droite.

Un clivage gauche-droite encore vivace dans la société grâce à la diversité de l’offre médiatique

Dans les années 1990, il était de bon ton de soutenir que la distinction gauche-droite devenait moribonde. Certes, cette dualité peut apparaître insuffisante, devant être complétée par d’autres découpages pertinents dans le paysage politique : fédéralistes européens / souverainistes, partis de gouvernements / partis contestataires, etc. Certes, les politiques publiques effectivement mises en œuvres, sous le poids de la réalité, peuvent certes sembler édulcorées au regard des programmes de campagnes haut en couleurs.

En tout état de cause, les électorats de droite et de gauche restent, eux, bien distincts idéologiquement. Ainsi, un sondage Sofres révélait en mai dernier la profondeur du fossé entre les Français selon que leur sympathie partisane les classe à droite, à gauche ou à l’extrême droite. Le clivage entre électeurs de droite et électeurs de gauche est particulièrement net sur les questions liées à la redistribution, au contrôle des entreprises par l’Etat, à la réduction du nombre des fonctionnaires ou à l’immigration. Les électeurs frontistes se démarquent des deux autres électorats sur la question de la peine de mort, mais rejoignent les sensibilités tantôt de gauche (sur la critique de la mondialisation par exemple), tantôt de droite (sur la suppression des allocations familiales pour les

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mineurs délinquants par exemple) sur les autres dimensions. Les différences d’habitudes médias en fonction de la proximité partisane prouvent que les citoyens apprécient d’entendre un discours particulier et engagé.

La diversité éditoriale des canaux d’information entretient donc la richesse de l’offre politique. Ce qui peut être source de frustrations lorsqu’un gouvernement ne parvient pas à conduire une ligne politique très différente de son prédécesseur.

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