Baromètre Harris Interactive / Délits d’Opinion : les retraités s’interrogent

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Jean-Daniel Levy

Directeur du Département Politique & Opinion de l’Institut Harris Interactive

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Délits d’Opinion : Moins 3 points de confiance aussi bien pour Emmanuel Macron que pour Edouard Philippe. Comment l’expliquer ?

Jean-Daniel Lévy : Déjà en regardant l’évolution des réponses selon l’âge des personnes interrogées. Celles âgées de 50 à 64 ans s’avèrent plus critiques à l’égard de l’exécutif. Avec 13 points de confiance en moins auprès de cette tranche d’âge (42% alors que 49% des Français affirment accorder leur confiance au Président) la baisse est nette. Elle l’est d’autant plus qu’Emmanuel Macron était parvenu à « reconquérir » cette frange de population depuis plusieurs mois. Ces pré-retraités en puissance s’inquiètent de leur (futur) pouvoir d’achat. Les personnes de catégories populaires, au sein de cette tranche d’âge, l’affirment : « Il privilégie les riches, il a augmenté la CSG pour les retraités, supprimé l’ISF pour les riches. Il pense qu’ils vont davantage investir, mais il rêve. ». Ceci se double de la perception d’une politique inégalitaire, voire tendant vers une régulation inversée : « Pour l’instant il ne donne qu’aux riches et enlève aux populations moyennes et ce n’est pas fini ». On notera que la critique de l’augmentation de la CSG pour les retraités n’est pas uniquement véhiculée par ceux directement et immédiatement concernés. Et qu’il n’est pas toujours fait référence à des connaissances ou à des projections personnelles mais qu’il est souvent question de valeurs de solidarité.

 

En l’espèce, le Premier ministre ne sert pas de « tampon » d’un point de vue d’opinion au Président.

 

Délits d’Opinion : Deux ministres ont été cités dans la presse concernant des affaires de mœurs. Quels sont les effets d’opinion perçus ?

Jean-Daniel Lévy : Faibles. Nicolas Hulot, 4ème ministre en qui les Français ont le plus confiance, baisse de 2 points (43%) et Gérald Darmanin ne voit pas le jugement à son égard évoluer (27%, stable). Dans le détail le ministre de la Transition écologique et solidaire voit même le regard à son égard progresser de 4 points chez les proches de La République en Marche et celui de l’Action et des Comptes publics de 3 points au sein de cette frange de population. On remarquera que sur les 951 personnes interrogées, une seule évoque Nicolas Hulot spontanément pour exprimer une critique à l’égard de l’exécutif. La déconnexion entre le sujet politique d’un côté et la confiance de l’autre semble nette.

Délits d’Opinion : Et Jean-Michel Blanquer continue à obtenir de bons jugements…

Jean-Daniel Lévy : Le ministre de l’Education nationale, avec 47% de confiance, voit les jugements positifs à son égard progresser de 6 points. Après une Émission Politique jugée comme réussie par les observateurs et un écho médiatique plutôt positif, après l’annonce d’une audacieuse réforme de l’emblématique baccalauréat, Jean-Michel Blanquer devient le troisième ministre en qui les Français ont le plus confiance, devant Nicolas Hulot. Notons qu’il s’agit du seul ministre pour lequel le jugement s’est accru depuis sa nomination et, qui plus est, nettement (+11 points depuis mai dernier). Au cours du dernier mois, le ministre progresse de 5 points chez les proches du Parti socialiste (47%), 9 points à La République en Marche (78%), 15 chez les sympathisants Les Républicains (61%).

Délits d’Opinion : Qu’en est-il de Laurent Wauquiez ?

Jean-Daniel Lévy : Après une polémique forte, la confiance dans le président des Républicains reste quasiment… inchangée. Elle est aujourd’hui certes faible (16%) mais baisse d’un seul point, avec le même mouvement chez les sympathisants LR (46%, -1). Surtout, la progression est nette chez les proches du Front National : + 9 points pour atteindre 30% de confiance. Peut-être que d’une situation délicate, le leader des Républicains en a – au moins momentanément – tiré un profit stratégique.

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