Baromètre Harris Interactive / Délits d’Opinion : et si Macron reprenait la main ?

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Jean-Daniel Levy

Directeur du Département Politique & Opinion de l’Institut Harris Interactive

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Délits d’Opinion : Après plusieurs mois de baisse continue, le couple exécutif voit la confiance à son égard remonter. Est-ce surprenant ?

Jean-Daniel Lévy : Il s’agit là, déjà, de la marque de la force du politique en France. Lorsque le politique s’exprime, les mouvements d’opinion sont nets. Quel que soit le jugement à l’égard de l’exécutif d’une manière générale, on préfère en France le voir agir plutôt que subir. Emmanuel Macron donne le sentiment d’avoir repris la main. Après l’affaire (voire les affaires) Benalla, après les annonces de mauvais chiffres économiques et sociaux, après la démission de Nicolas Hulot, après celle de Gérard Collomb, après les Gilets Jaunes et leur persistance, le Président de la République donne le tempo. Tempo avec une initiative politique (Le Grand Débat), tempo avec ses déplacements en province et son lot de surprises (le temps passé devant les maires, la présence dans un préau…). Ces 35% de confiance, + 4 points, placent le Président dans une situation d’opinion proche de celle qu’il a connu au sortir de l’été. Les jeunes, les personnes issues des catégories supérieures adoptent une attitude plus positive que fin 2018.

Les sympathisants LaREM sont un peu plus « mobilisés » (89%, +4) et – surtout – les proches des Républicains voient leur confiance progresser (36%, +13 points). Les actes d’autorité et les verbes les accompagnant portent leurs fruits d’un point de vue d’opinion.

Les termes spontanément évoqués expliquant la confiance sont d’ailleurs assez proches de ceux mobilisés après l’élection présidentielle : « dynamique », « veut réformer », « il fait des choses ». Observons que si 66% de ses électeurs de premier tour se manifestaient positivement le mois dernier, ces derniers sont aujourd’hui 76%.

De son côté, le Premier ministre, qui avait connu une baisse de 10 points au cours des deux derniers mois progresse de 5 points pour atteindre 32% de confiance. Là aussi les sympathisants LR « reviennent » nettement (37%, +10), tout comme les sympathisants LaREM (81%, +5).

 

On notera deux points cependant : tout d’abord que si la dynamique baissière est inversée, le niveau de confiance retrouvé par les deux dirigeants n’est pas très élevé. Ensuite que les mois de janvier sont souvent favorables à l’exécutif. Et qu’il faudra voir si cette « variation saisonnière » se poursuivra en février prochain.

Délits d’Opinion : Quand la tête de l’exécutif va mieux, les ministres se portent… mieux

Jean-Daniel Lévy : D’une manière générale, les Français accordent plus leur confiance dans les ministres. Jean-Yves Le Drian et Jean-Michel Blanquer, notamment, restent à des niveaux élevés (37% pour le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, 33% pour le ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse).  En cette période de débat sur l’utilisation des moyens par les forces de l’ordre, Christophe Castaner voit la confiance à son égard progresser de 2 points (25%). L’attitude adoptée lui a permis de progresser de 8 points chez les sympathisants LR (29%), de rester à un niveau élevé chez ceux de LaREM (70%, -2). Observons également, indépendamment du mouvement des Gilets Jaunes, que Gérald Darmanin progresse également quand bien même le prélèvement à la source a été instauré (21%, +2).

Délits d’Opinion : Observe-t-on un « mouvement de balancier » lorsque l’on regarde les autres acteurs politiques ?

Jean-Daniel Lévy : Oui et non. Oui car certaines personnalités de droite et d’extrême-droite baissent : Xavier Bertrand (28%, -1 mais restant en « 3ème position »), Marine Le Pen comme Florian Philippot (-1 point chacun), alors que Laurent Wauquiez comme Marion Maréchal Le Pen restent stables. Non car les autres responsables politiques voient la confiance à leur égard croitre qu’ils se trouvent à gauche ou à droite sur l’échiquier politique. Olivier Besancenot progresse nettement chez les proches de la France insoumise (61%, +13), François Hollande chez ceux du Parti socialiste (56%, +6) Ségolène Royal connaissant pratiquement la même évolution (+7, 53%). Pas de bouleversement donc à la suite de cette séquence. Séquence qui apparait suspendue, suspendue à l’issue du débat.

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