2007, la comète Bayrou – Episode 3 : La désillusion

Dans le cadre de la rubrique Histoires d’Opinion, Délits d’Opinion a demandé à Gilles Leclerc, alors directeur du service politique de France 2, et à Jérôme Fourquet, alors directeur adjoint du département Politique et Opinion de l’Ifop, de revenir sur la dernière campagne présidentielle à travers la montée de François Bayrou.

Troisième épisode : La désillusion


BayrouEpisode3-Dailymotion par margauxobriot

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Délits d’Opinion : Comment expliquer l’échec de François Bayrou ?

Gilles Leclerc : « Il avait progressivement abandonné le côté ni gauche ni droite. A un certain moment de la campagne on a même cru qu’il pourrait gouverner avec Ségolène Royal. Ce possible ralliement sur la fin lui a peut être fait perdre quelques électeurs. Au final, alors que la rupture était semble-t-il plus réelle avec Bayrou, c’est Sarkozy qui a mieux su la vendre et se faire élire sur ce thème ».

Jérôme Fourquet : « Un des déficits majeurs a été la question de l’entourage. La victoire à une présidentielle se dessine souvent grâce à une machine électorale et à un parti constitué. La présence d’élus et de militants en nombre reste un facteur crucial pour l’emporter ».

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Délits d’Opinion : L’échec de François Bayrou signifie-t-il l’échec du centre en France ?

Gilles Leclerc : « Dans le système bipolaire qui se produit lors d’une présidentielle en France, l’émergence et la qualification d’un centriste pour le 2nd tour a toujours été difficile. Le seul exemple réel reste Alain Poher ».

Jérôme Fourquet : « Il existe aussi un effet redoutable pour ces formations : le souvenir du 21 avril. La mémoire de ce premier tour et la qualification du FN a rappelé le leitmotiv du vote utile qui ressort dès qu’un risque se présente ».

Gilles Leclerc : « Un homme seul aussi performant soit-il cela ne peut suffire pour l’emporter. La présence d’un appareil politique puissant, riche et bien huilé semble indispensable ».

Jérôme Fourquet : «La victoire peut se faire grâce à des réseaux mais aussi grâce à des soutiens de la société civile ; une ouverture différente. La constitution d’une dream-team avec des éminences grises peut être un début de solution pour un centriste qui voudrait s’imposer ».

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Propos recueillis par Margaux Obriot et Raphaël Leclerc

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