2007, la comète Bayrou – Episode 1 : Un candidat sans troupes et sans soutiens

2007, la comète Bayrou – Episode 1 : Un candidat sans troupes et sans soutiens

Dans le cadre de la rubrique Histoires d’Opinion, Délits d’Opinion a fait demandé à Gilles Leclerc, alors directeur du service politique de France Télévisions, et à Jérôme Fourquet, alors directeur adjoint du département Politique et Opinion de l’Ifop, de revenir sur la dernière campagne présidentielle à travers la montée de François Bayrou.

Premier épisode : un candidat sans troupes et sans soutiens


Bayrou-Episode 1 par margauxobriot

.

Délits d’Opinion : Comment résumeriez-vous François Bayrou 2007 en une expression ?

Gilles Leclerc : « La volonté. Comme le disait François Mitterrand, un candidat défait deux fois peut l’emporter lors de sa troisième tentative ».

Jérôme Fourquet : « Il avait placé sa campagne sous le signe du tracteur, quelque chose de puissant bien que pas très rapide. C’était un symbole de l’ancrage dans les territoires qui exprimait également une certaine forme de modernité. En 2007, Bayrou a su proposer un regard vers l’avenir tout en restant fidèle à une certaine  tradition française. C’est cet alliage complexe qu’il a réussi à opérer entre 2006 et 2007 ».

.

Délits d’Opinion : Où se situait François Bayrou dans le paysage politique à l’aube de la campagne ?

Jérôme Fourquet : « C’était un candidat qui avait encore des troupes mais elles étaient parsemées et clairsemées ; ceux qu’il appelait ses bédouins et qui lui étaient restés fidèles lors de sa traversée du désert. En effet, une grande partie des cadres et des élus de l’UDF s’étaient ralliés à la création de l’UMP, le nouveau parti majoritaire. C’était donc un leader d’assez isolé même s’il lui restait un héritage et quelques troupes ».

Gilles Leclerc : « Lorsqu’il s’est lancé, il n’avait pas beaucoup de soutiens, il était un peu seul, il avait une petite équipe autour de lui. Mais il a su construire sa route et il voulait profondément y aller. Il avait la foi et a su demeurer persuadé qu’il pouvait faire quelque chose ».

.

Délits d’Opinion : Quelle est sa popularité au début de la campagne ?

Jérôme Fourquet : « Au début de la campagne il était le leader de l’UDF, héritier de la démocratie chrétienne. C’est un candidat qui s’était déjà présenté en 2002 et qui avait obtenu un score piètre, de l’ordre de 6 à 7 %. Il n’était pas forcement perçu comme le 3e homme et se situait plutôt en embuscade. D’où la surprise qui s’est ensuite produite lorsque les intentions de vote ont décollé ».

.

Délits d’Opinion : Quelles étaient ses relations avec les médias ?

Gilles Leclerc : « On se souvient évidemment de la posture qu’il avait prise en particulier face aux médias. Il s’était déclaré comme un candidat antisystème. Dans le système il mettait les partis politiques traditionnels, les politiquement corrects et les grands médias. Il parlait aussi de conflits d’intérêt, en particulier avec TF1. Dans les relations avec les médias cela a souvent été compliqué avec Bayrou. Monter une émission avec François Bayrou n’a jamais été simple et cette  élection l’avait encore démontré. C’est quelqu’un de difficile, compliqué, exigeant et parfois très dur dans les négociations.

.

Propos recueillis par Margaux Obriot et Raphaël Leclerc

Partager ce contenu :

Laisser un commentaire