Sida : les jeunes trop confiants et moins vigilants ?

Sida : les jeunes trop confiants et moins vigilants ?

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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Le Sida c'est d'abord la maladie d'une génération, celle qui entre avec fracas, sans prévenir, celle qui mobilise toute la société et la médecine. Pourtant, si tout va très vite avec le Sida, les Français et à fortiori les plus jeunes ont tendance à penser que la recherche, elle aussi, progresse à grand pas vers le vaccin miracle. La réalité demeure tout autre. Certes on constate d'immenses progrès et il est aujourd'hui possible de vivre avec le VIH. Certes le Sida n'est plus la première cause de décès des personnes infectées par le VIH. Pour autant, ils sont encore 7 000 à contracter le virus chaque année en France et 150 000 à vivre avec. A l'occasion de la journée mondiale contre le Sida, samedi 1er décembre, une étude de l'Ifop revient sur l'opinion des jeunes (15-24 ans) vis-à-vis du Sida. Malgré un niveau d'information toujours important l'étude fait apparaitre un léger fléchissement et une modification des modes d'information pouvant conduire à une baisse de la vigilance chez ce public particulièrement vulnérable.

En 2012, 85% des jeunes s'estiment le VIH contre 89% il y a trois ans. Plus précisément on note une connaissance renforcée pour ce qui concerne les contraceptifs féminins (65%, 5 points depuis 2009) et l'existence d'un traitement d'urgence (58%, 12 points depuis 2007). L'étude révèle également des modifications sensibles quant aux moyens d'information déclarés par les jeunes Français. On note ainsi la place croissante prise par le médecin traitant (26%, 6 points) ou celui de l'établissement scolaire (16%, 7 points). Plus préoccupant on note que « les amis » ne sont plus une source d'information aussi importante que par le passé, confirmant ainsi que le sujet a tendance à sortir des sujets de questionnements chez ces jeunes qui connaissent leurs premières expériences sexuelles. Enfin, on note le léger recul d'Internet et une montée des réseaux sociaux dans la hiérarchie des moyens d'information privilégiés.

Les jeunes personnes interrogées sont donc relativement bien informées mais il semble que le Sida ne soit plus perçu de la même manière. Seuls 14% des jeunes indiquent aborder le sujet du VIH « systématiquement » avec un nouveau partenaire; 13% « le plus souvent ». Au total ce sont donc plus de 4/10 des jeunes âgés de 15 à 24 ans qui affirment ne jamais parler de ce sujet lorsqu'ils ont un nouveau partenaire.

Ces informations ont été entendues par les pouvoirs publics et la Ministre Marisol Touraine qui incite à « ne pas baisser la garde » notamment parce que « la prévention perd du terrain » selon les mots de François Hollande. Depuis 1988 la journée mondiale contre le Sida se tient le 1er décembre. Si on veut un jour que cette date redevienne vierge il reste encore du travail, sur le plan de la recherche mais aussi de la prévention; la jeunesse le sait mais y pense de moins en moins. En 2012, encore 30 000 personnes sont malades et le le savent pas.

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